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lundi 30 mars 2020

Lundinutile



Je n'aime pas le lundi.

C'est vraiment un jour qui ne sert à rien, si ce n'est à emmerder mortellement tout le monde. Le requiem du lundi matin me fait même regretter le blues du dimanche soir.

Heureusement ces derniers temps on ne distingue plus trop le dimanche des autres jours, Du coup, nous nous retrouvons avec des lundimanches, des mardimanches, des mercredimanches, etc (je ne vais pas vous refaire la semaine des quatre jeudimanches non plus).

Mais il faut raison garder paraît-il, ne pas sombrer dans ces dépressions chroniques des temps passés de ce bon vieux moine Nestor, se laisser aller à cette sale mélancolie propre aux slaves.

Bref conserver un semblant de rythme hebdromadaire pour ne pas devenir chameau, en un mot : bosser.

Habituellement, le lundi me donne envie de faire des trucs inutiles.
Je fais déjà plein de trucs inutiles en temps utile, mais là, en ce moment, j'aimerais faire un truc subtilement inutile.

Je pourrais lire le dictionnaire mot après mot, constater qu'entre fellah et félon se trouve fellation, ou appeler les renseignements téléphoniques du monde entier et répertorier toutes les façons de dire allo...

Je pourrais étudier ce kafkaïen coléoptère qu'est le bousier et savoir pourquoi il pousse allègrement sa petite crotte, ou bien pouvoir expliquer pourquoi le castor est si fort en barrages, mais certains, j'en suis sûr, ramèneraient ce genre d'info à leur petite vie, au cambriolage de leur villa de Guéthary pas assez barricadée, ou à la constipation de leur chiante belle-mère...

Dans les dîners chics d'autrefois, à l'époque où les gens partageaient leur postillons à la même table, avant d'intervenir dans une conversation, je faisais toujours une minute de silence en souvenir de toutes les histoires ou anecdotes que je n'ai jamais pu raconter à temps. Certain y voyaient un cruel manque d’à-propos, mon esprit d'escalier me détournant de l'ascenseur social. Là, j'aurai, du coup, matière fécale et estivale pour participer de concert à ces badineries mondaines. Mais je ne verse pas dans ces amitiés versatiles où l'utilité est érigée en crédo.

Savoir, ou faire, un truc vraiment inutile, voila un truc utile.
Oui mais, me direz-vous, si l'inutile est utile, c'est le serpent qui se mord la queue ! 
Certes, mais dans les deux cas tout est une question de souplesse.
Et puis cela pourrait charmer une fille futile. Il ne faut pas oublier de joindre l'inutile à l'agréable.

Donc, ce matin il me faut ma dose de vacuité. Bien serrée.

J'ai hésité à apprendre les coefficients des marées de Ciboure ou les distances entre les trous du Golf de Souraïde, mais je fréquente parfois des personnes frivoles susceptibles d'être intéressées par ce genre d'info...

Balayer le trottoir du bar fermé d'à côté entre 9h et 10h ? On me dit manche, mais sans vouloir mégoter, je crois que je tiens un truc là...Mais c'est vrai je ne suis pas du tout Manuel. Et c'est son boulot habituellement.

Je suis plutôt dans l'intellectuel, ce qui en soit est déjà considéré par beaucoup comme superflu. Il me faut donc explorer l’existentiel, le sens de la vie, voir celui des aiguilles d'une montre.

Tiens, par exemple, qu'elle est l'heure de la journée la plus pénible ? (le jour de la semaine on le sait déjà).

Pour moi ce serait plutôt 16 heures.

Je suis quelqu'un de foncièrement poli.
Lorsque je croise quelqu'un au village je dis toujours bonjour ou bonsoir en fonction de l'heure.
Mais 16 heures me pose problème.
15 heures, no souçaille, c'est bonjour. Pareil, 17 heures, c'est bonsoir, surtout en hiver. Mais 16 heures ?

C'est un réel problème, au point que j'hésite à sortir de peur de croiser un voisin. Heureusement en ce moment on ne croise pas grand monde mais tout de même.

Je pourrais certes attendre que l'on me salue, d'un bonsoir ou d'un bonjour jovial, et répondre tout de go bonsoir ou bonjour l'air avenant. Mais connaissant mon problème, mes voisins ont du coup la même appréhension que moi, ne voulant commettre d'impair et recevoir violemment un bonsoir à point nommé en réponse à leur bonjour inopportun...

Cela a donné des rencontres bizarres.

Un de nos passe-temps favori est de sortir les poubelles, les conteneurs de tri sélectif sont the place to be ces derniers temps, sauf lorsque l'on s'y rencontre à seize heures. Nous avons tous une lueur inquiète dans le regard, nous épiant un sourire contrit aux lèvres serrées à blanc de peur de laisser échapper un mot malheureux.

Avec les règles de distanciation actuelles, cela nous oblige également à nous écarter et tourner sournoisement les uns loin des autres serrant nos poubelles comme des bouées de sauvetages. Certains laissent échapper un petit grognement, probablement en guise de salutation, mais ce n'est pas sûr, et c'est flippant.

Je ne vous raconte pas l'ambiance...De quoi tous se transformer en associaux paranoïaques.

Bref, 16 heures est un horaire sensible.
Ce n'est pas pour rien que le goûter de 16 heures est le premier repas à être sacrifié en période de famine.

Déjà seize est un nombre troublant.
En mathématique, c'est le seul entier pour lequel il existe des couples d'entiers distincts. Je ne sais pas exactement ce que cela signifie mais cela ne m'a pas l'air très catholique.
Il parait même que c'est un nombre pentagonal centré. C'est dire.
Le canal 16 est le canal maritime international de détresse en VHF. Et sans vouloir en rajouter dans la douleur c'est aussi le numéro atomique du souffre.
Cela a été un mauvais numéro pour notre dernier roi au pouvoir, et plus récemment je vous rappelle que notre Président nous a annoncé notre mise en confinement lors de son intervention du...16 mars dernier.

Alors, alors ?

Vous allez me dire : et le 13 ?

Alors ça c'est le genre de remarque qui m’horripile car inutile.
Surtout le lundi.



(Quelques passages de ce textes sont inspirés d'une lecture de je ne sais plus qui)

samedi 28 mars 2020

On vit une époque formidable.

Figurez-vous qu’hier soir, j’étais invité à dîner, et je recevais également.

Cela peut paraître étonnant, mais c'était vraiment été le cas.
Non pas qu’un va nu-pied pique-assiette retors et radin ait profité de ce confinement pour rendre ses invitations chez moi, ou que j’ai recueilli au débotté tout le monde suite une défection de dernière minute de notre hôte, ou encore que j’usse mis les pieds dans le plat en oubliant une invitation et organisé un raout à domicile...Non aucune de ces chausse-trappes.
Cloîtré, je n'ai pas non plus développé de don d'ubiquité, ni de trouble dissociatif de la personnalité (pas à nos connaissances en tout cas).

J’ai tout simplement participé à un dîner virtuel, par écrans interposés.

Durant l’après-midi j’avais reçu un message de mon poto Jojo de Catalogne, qui voulait que l’on se retrouve ce soir pour un p’tit dîner entre amis.
D’habitude ces invitations au dernier moment c’est toujours compliqué. Vous savez ce que c’est : les uns vont justement au théâtre ce soir-là, ou sont déjà invités chez leurs vrais amis, d’autres ont les enfants et pas de baby-sitter, les plus chanceux une baby-sitter et pas d’enfant...bref des tas d’excuses et pas de temps.
Or, avec ce confinement, il semble que tout le monde ait trouvé facilement un créneau, une excuse pour passer le temps.

On vit une époque formidable.

Bref, nous étions huit convives, amis de longue date, depuis près de…quarante ans. Putain quarante ans ! Ça file à une vitesse quand j’y pense, enfin un peu moins ces derniers temps, mais quand même, ça fait flipper. Le temps passé, et ces derniers temps.

Jojo, affreux éternel adolescent, avait décidé de briser cette quarantaine, celle imposée par les événements, pas notre amitié hein.
Rendez-vous était fixé à 20h, heure de Paris.
La précision est importante. La France, qui devrait logiquement être dans le fuseau horaire des rosbifs, se situe en réalité dans le fuseau +1. Et ce depuis l’occupation allemande en 1940.
Je ne sais pas si cela provient de notre ancestrale rivalité avec nos voisins d’outre-manche mais cela n’a jamais été remis en question depuis la dernière guerre.
En tout cas c’est pratique pour J-M qui habite en Suisse Allemande, et pour Jojo (même s’il est systématiquement en retard) puisque l’Espagne est dans le même cas que nous.

Pour Pierrot et Marie qui sont parisiens, eux ils ont toujours un temps d’avance sur la province, enfin c’est ce que disent les parisiens.
En revanche, pour Louis et France qui sont expat’ à Hong-Kong c’est plus compliqué car il y a huit heures de plus, ce qui leur faisait un bon quatre heure du mat, un horaire oscillant entre la soupe à l’ail de fin de soirée et un petit-déjeuner plus que dès potron-minet.
Pour Jean et Lolo, pas de problème, ils sont de Toulouse, presque des voisins, des gens très comme il faut donc.

Un nouveau message nous expliquait comment installer l’appli choisie pour la visioboufférence, l’horaire donc, et les différents participants. Il était dit que l’installation du logiciel était d’une simplicité enfantine, ce qui n’est pas vraiment rassurant car j’ai remarqué que les enfants sont beaucoup plus doués que nous pour ce genre de chose.
Néanmoins, rien de compliqué en effet, cela laissait largement le temps de se pomponner pour ces mondanités internationales, d’autant plus que, la webcam imposant un calibrage à nos sages visages, tout au plus à nos augustes bustes, aucune tergiversation ne s'imposait concernant le choix des chaussures.

J’étais content de revoir les amis après deux semaines de dîners quasiment solitaire. Un petit mulot vient de temps en temps me rendre visite ces derniers temps ; on en a pas mal à la campagne, et habituellement je préfère qu’ils restent à l’extérieur. Mais compte tenu du contexte, cette moindre présence est plutôt divertissante même si nos conversations relèvent plutôt du monologue.
Ce soir c’est gala, j’aurai enfin droit à autre chose que le regard dubitatif de mon compagnon des champs.

A 19h30, une demi-heure avant l’heure prévue, Jojo s'annonçait sur l’appli. Une telle précocité pour le chantre du retard systématisé prouve bien que l’on vit une époque formidable.
Cela nous laissait le temps d’entamer l’apéro en attendant les autres. Je ne bois jamais seul, même si je sais qu’au bout d’un moment cela peut faire voir double, mais j’ai vite oublié l’étrangeté de cette compagnie dématérialisée et ait partagé un premier godet avec mon poto. Puis un autre ouvrant même une petite boîtes de moules en sauce à défaut d'une présence feminine à mes côtés, féminine. Ça nous a fait rigolé, le ton était donné. Après des semaines sécheresse la chaudière s'est donc vite rallumée .
Comme la situation de Jojo est plus ou moins identique à la mienne, le mulot en moins, et à celle de quasiment tout le monde en ce moment en fait, nous avons vite évacué le sujet pandémique, les symptômes, la maladie, les morts, et avons retrouvé notre capacité à parler de rien, mais pas de toux.

Les autres sont arrivés ensuite. Petit à petit, au fil des connections, l’écran se partageait en petites fenêtres, chacune affichant les sympathiques bouilles de mes amis. J-M nous présenta Astrid une teutonne rencontrée récemment qui expérimentait à plein temps le bougre, confinée volontaire chez lui.
La santé ayant été déclaré sujet tabou, l’on trinqua à l’intelligence. C’est ce qui pouvait nous faire le plus défaut, en dehors des contingences matérielles considérées comme trop terre-à-terre pour cette réunion au sommet.

Chaque arrivée était accueillie par de grands cris de joie et très vite l’on retrouva l’ambiance de nos grandes fiestas.
Les derniers à se connecter furent les chinois qui apparurent la tête en bas et plissant des yeux, ce qui en soi semblait logique puisqu’ils se trouvaient aux antipodes. L’explication était moins spatiale et plus prosaïque : leur ordinateur étant en carafe et ils suivaient la réunion sur le petit écran d’un téléphone mobile qu’ils tenaient visiblement à l’envers. Compte tenu de l’horaire, chez eux, et de ces contingences techniques sommaires, ils ne restèrent pas longtemps, quittèrent ce sommet pour rejoindre leur sommier.

Chacun entama à son rythme le dîner. J’avais placé mon ordinateur au bout de la table de la cuisine. En face de moi se trouvaient donc le reste de la tablée, chacun dans leurs petites fenêtres réparties sur l'écran. Leurs tronches hilares et expressives me donnaient l’impression de dîner avec le Muppets Show, j'abandonnais ma vie d'hermite pour Kermitt.

L’avantage de ce dîner chez soi c’est que du coup chacun mange ce qui lui plait. Cela ne me dérangeais absolument pas que J-M s’enfile une choucroute garnie avec son allemande. Je ne suis pas un grand fan de l’odeur du chou, encore moins après digestion.
Moins de vaisselle à faire aussi, quoique l' évier et moi nous étions laissés un peu déborder ces derniers jours. Lolo, qui arrête de fumer aussi facilement qu'elle change d'avis, ne pouvait pas non plus nous piquer de clopes. Du coup, nous fumions tous comme des pompiers, ce qui inquiétait beaucoup Jean qui sentait Lolo bouillir.

Je vous ferai grâce des conversations et private jokes qui émaillèrent notre souper. D’ailleurs une partie fut inaudible tant chacun était volubile, et l’autre s’évapora dans les limbes de la part des anges.

L’on commença à mettre de la musique et à nous agiter en rythme sur nos chaises. A droite, gauche, les épaules en haut, en bas, pour une fois on pouvait danser dans s'essouffler en 5 minutes. C'est beau de retrouver sa jeunesse.
Jojo se saisit de son saxo, d’autres battaient la mesure avec leurs couverts, j’entamais une gigue chancelante qui m’envoya valdinguer lorsque je me pris les pieds dans le câble de l’ordi dont la chute se termina par miracle sur la chaise que je venais de quitter.

Au milieu de ce pandémonium joyeux, je me souviens que J-M et sa fridoline compagne de réclusion n’arrêtaient pas de se bécoter, tout du moins pour la partie visible à l'écran. Nous les chambrions allègrement du tac-au-tac sans aucun tact pour non-respect des distances de sécurité. C’était plutôt chou. En accord avec leur menu.

On se fendit la poire. J'en pris une aussi d'ailleurs, ou deux, je ne sais plus, j'avais la pêche, et ça sentait la grosse prune en primeur.

A un moment, Pierrot éclata de rire, recrachant le vin qu’il était en train de boire. Sa fenêtre s’éteignit brusquement.L’on décréta qu’il devait être mort de rire, pas plus inquiet que cela.
C’est ça les copains.
Il revint un peu plus tard, sur son téléphone portable, le clavier de son ordinateur n’étant visiblement pas wineproof. Il nous précisa que Marie n'a pas rit (c'était son ordi du boulot). Mais nous oui, tout cantonnés que nous étions.
Entre temps J-M et sa tactile teutonne avaient disparu de l’écran. Se faire chambrer leur avait sûrement donné l’idée d'investir une autre pièce de leur appartement.

Puis, l’alcool aidant, je sentais que mon marchand de sable n’allait pas tarder à trépasser. Peu à peu les autres convives se calmèrent également, et après les non-embrassades d'usages, nous nous s’éteignimes de concert avec nos écrans.

Il était 23h30, bien plus tard que mon horaire de couchage de ces derniers jours. Groggy et revigoré.
Je venais de dîner à Paris, Hong-Kong, Sitgès, Lucerne, Toulouse, dans la même soirée, avec un bilan carbone quasiment nul, et une légère contusion à la cuisse.

On vit une époque formidable.

(Toute ressemblance avec des personnes existantes (ou ayant existé, je n’ai pas encore eu de nouvelles depuis pour certains) n'est pas fortuite. Par respect ou en mémoire de celles-ci, les faits ont été transformés…et édulcorés.)

vendredi 27 mars 2020

Ce matin, en écoutant les infos à la radio, je regardais une grosse miette de pain flotter dans mon chocolat. A l'instar de mes pensées, on aurait dit un iceberg divaguant en Arctique mais en négatif.

Je me suis demandé si j'aurai préféré être un ours polaire ou une otarie...Pas facile...
Je n'ai pas eu le temps de choisir, la miette de pain iceberg a fini par couler.
Gloups.

Du coup, j'ai éteint la radio. J'ai bu mon chocolat avec gourmandise, faut pas déprimer, ce soir c'est le week-end !

Heu...oui je sais.

vendredi 20 mars 2020

Pour que l'été survive au printemps.

Chères confinées, chers confinés,

Dans quelques jours, quelques semaines, quelques mois, cette trêve des confineurs prendra fin.

Cette attente qui blesse vos cœurs printaniers d'une langueur monotone sera enfin éradiquée et c'est le pied alerte et la main ouverte que vous débarquerez sur ces terrasses de café tant convoitées.
Cette libération sonnera le glas de nos efforts, sacrifices et autres compromissions actuelles, pour limiter notre horizon citoyen à nos murs mitoyens.

Paradoxalement, vous l'avez peut-être remarqué, le reste de la planète a l'air de plutôt apprécier notre mésaventure, comme si toutes les autres espèces avec qui nous partageons la terre profitaient des vacances que nous leur offrons (enfin) à notre insu.
Les bancs de poissons frétillant dans les eaux claires des canaux vénitiens, les chants d'oiseaux égayant les maigres canopées des parcs et jardins publics citadins, autant de petits spectacles ravissants que l'on serait tenter de qualifier de "miracles de la nature" s'ils n'étaient pas finalement de l'ordre naturel...Après quelques jours de réclusion, notre environnement recouvre un air de santé inégalé depuis des décennies.

Mettons à profit ce temps d'arrêt dans nos vies trépidantes (du moins pour ceux qui ne sont pas actuellement sur le terrain pour tenter de sauver des vies et permettre aux autres de vivre) pour réfléchir à tout cela.

Que sommes-nous prêt à faire pour éviter que nos activités quotidiennes, nos déplacements incessants, nos périodes de vacances à l'autre bout du monde, ne recommencent à fragiliser les écosystèmes des autres locataires du monde et, par ricochet, le notre ?

Quel repos, quel intérêt, trouvons-nous réellement à vouloir plus que notre voisin, aller plus loin que lui, envier sa réussite ? Car c'est parfois de cela qu'il s'agit : d'un orgueil mal placé (on se demande d'ailleurs où il pourrait bien se placer) qui pousse à consommer plus, posséder davantage, tout en se persuadant que ces plaisirs immédiats, et à court terme, sont salutaires.

Sans s'ériger en parangon de la déconsommation à outrance, nous avons quelques jours, quelques semaines, quelques mois, pour y penser tranquillement, avant de se retrouver et deviser de visu, autour d'un verre, avec un plaisir sans paille, de perspectives communes salutaires et optimistes.

D'ici là, vérifions l'adage que pour vivre heureux, ou tout du moins plus vieux au soleil, vivons cachés. Et si les gazouillis vous gazent l’ouïe, le manque de carbone vous pompe l'air, courage cela ne durera pas.

Vive le printemps, vive le temps qui passe.

vendredi 1 septembre 2017

dimanche 28 septembre 2014

Non merci pour ce moment

Il y a fort à parier que ce livre, comme la majorité de ceux pondus par les people et autres politiques de notre époque, ne fasse pas date dans l'histoire de la littérature. "Les meilleurs passages" commentés à la radio, me font penser que tout le reste du bouquin doit vraiment être vertigineusement mauvais.



Il est possible en effet qu'elle soit cupide, mais je ne pense pas que cette dame soit stupide, ce n'est donc pas par désir d'entrer à l'Académie française qu'elle a pondu cet opus.

Par ailleurs, écrire un livre, aussi mauvais soit-il, demande tout de même un peu de temps. 

Elle a donc eu le temps de réfléchir, de se faire conseiller, et d'imaginer les remous que tout cela allait provoquer. Certes le français aime bien les histoires croustillantes, mais dans le fond la majorité s'en fout un peu. 
Combien de Présidents, de la République, du FMI, et d'autres pays, ont-ils alimenté le courrier du corps pour finalement voir la vindicte populaire s'éteindre comme une queue de paille ? 
Le temps atténue beaucoup de choses : les peines d'amour comme les scandales. 

Aujourd'hui, soit quelques semaines déjà après sa sortie, plus grand monde ne parle de ce brûlot. 


En revanche, moi-même qui ne suit pas spécialement de gauche j'ai sur le moment été choqué comme toi de ce coups bas pour toutes les raisons exposées ici. 

Du coup, mon empathie naturelle m'a fait éprouvé une certaine compassion à l'égard de ce coureur de jupon casqué. 

Et si finalement ce n'était pas l'effet recherché ?


Oui, cela peut paraître tordu, mais finalement pas  tant que ça. 

Il se trouve que j'ai re-feuilleté récemment Le Prince de Machiavel, et pour se faire aimer du peuple, à défaut de craindre, il existe certains mécanismes que je n'exposerai pas ici, mais la compassion en est un.

Est-ce à dire que tout cela été sciemment ourdi ?

Je n'en serai pas plus que cela esbaudi. 

jeudi 25 juillet 2013

Le printemps indien.

Ils auraient pu nous envoyer Maître Yoda...Ha, ils l'ont fait ?

Mais ça chauffe un peu, non ? 
Bah si un p’tit peu quand même…

Y’a un mois on se disait que l’on était déjà en automne, sans passer par la case printemps, ou bien même déjà en hiver ayant squeezé l’été aussi.

Alors aujourd’hui qu’il fait chaud comme un mois de juillet, on dit quoi ? 

C’est un printemps caniculaire.

On nous dit « y’a plus d’saison ma bonne dame ! », il neige en juillet, giboule en avril, les bébés phoques fondent sur la banquise, tout un tas de trucs qui nous courent sur le haricot, alors que tout simplement le climat se dérègle.
Alors moi je dis : Collons au mercure ! Haro sur le haricot ! 

Au printemps, on fait l’ménage, c’est comme ça. Allez ouste, épouste, fait sa misère à la poussière !

Bref, en rangeant le placarnaüm de ma chambre, j’ai exhumé une boite pleine de pin's. Oui, les trucs qui piquent et qui font des trous dans les vêtements, pas les gâteaux. 
Et valait mieux car cette boite datait d'au moins 25 ans.

A l'époque, j'avais dû les ranger en pensant qu'un jour prochain cela vaudrait une fortune, écoutant en cela les conseils avinés de mon pote Hugues qui avait comme moi tout misé sur cette mode. Heureusement notre capacité d’investissement était inversement proportionnelle à la hauteur de l'opinion que nous avions de nous. 
Donc nous n’avons pas perdu grand chose.

D’autant plus que je viens de retrouver la boite pleine.

Bref, aujourd'hui cela vaut toujours peanuts. 

J’ai trouvé un autre truc qui ne vaut pas son pesant d’or : un exemplaire de ce fabuleux journal qu'est "Infos du monde".

Il est fort probable, à 97,4%, que vous n’ayez jamais entendu parler de ce canard.

Il se vendait en 98, et relatait tout un tas d’infos capitales qui se trouvait dans le monde. 

Pas dans le quotidien, dans le monde en vrai.

Enfin…En vrai…

Par exemple, à la rubrique Afrique, un article de fond est consacré à un village du Togo où tout le monde s'appelle Pascal Obispo. 
C’est un peu inquiétant tout de même.

A la rubrique fait divers, pêle-mêle, on apprend que pour observer son bébé, elle a fait poser un judas sur son ventre, ou bien encore on se délecte à la lecture des ennuis judiciaires d’une célèbre voyante qui lisait l’avenir du client suivant...

Ah, justement il y avait une page réservée à un voyant qui annonçait régulièrement des prévisions à long terme. 
On va pouvoir vérifier ça maintenant.
Alors:
« Jospin ne sera jamais Président, il ne sera pas non plus battu pour la simple raison qu'il ne sera pas candidat ».  
Bon, d'une certaine manière, il n'avait pas tord. Il n’est jamais revenu en deuxième semaine.

« Lagaff renversé par une Mercedes ». 
Tiens, il animait déjà le Bigdil en 98 ?  Concernant cet accident, j'avoue, je n’en ai jamais entendu parler. Ceci dit de Lagaff pas trop non plus depuis… 
Il a plus ou moins disparu non ? 
Il serait peut-être judicieux de regarder sous les Mercedes…

« Le front National va exploser à la mort de M. Le Pen, et je vois la disparition de ce parti; des millions de citoyens vont défiler dans les rues de France et seront pour beaucoup dans le processus de décomposition du FN »
Bon, là non plus il n’avait pas tout à fait tord le bougre, même si la manif anti-FN des présidentielles avait une autre cause. Mais bon. 
Et puis il n’est pas tout à fait mort le père Le Pen.

En revanche il ne parle de Bayrou. 
Ce doit être un détail de l’histoire trop insignifiant.

« Bruxelles sera la première capitale de l'Union à autoriser le clonage humain en secret ».
Là, on pourrait penser qu’il s’est mit le doigt dans l’œil : cloner des belges ? 
Wallons, restons sérieux ! 
Cependant, l’Union Européenne s’est récemment distinguée en révélant officiellement qu’elle avait déjà réussit à transformé des chevaux en bœufs…

Alors…

Et ce truc sur les politiques extra-terrestres ? 
Ne serions-nous pas seuls ?

mercredi 6 février 2013

Fatwa du bien

Comic strip
La bonne blague de la semaine nous est offerte par l'impayable Cheikh Abdullah Daoud d'Arabie Saoudite qui a publié il y a peu une fatwa pour que le port de la burqa soit obligatoire pour les bébés de sexe féminin.

Ce brave homme, au fait de l'avant-garde vestimentaire, a eu cette brillante idée afin tout simplement de protéger ces nouvelles nées.

Certes la météo locale ressemble beaucoup à celle de notre riante Bretagne où après la pluie vient la pluie, sauf que là-bas lorsqu'il ne fait pas pas soleil c'est qu'il fait nuit. 
Mais il ne s'agit pas les protéger des coups de soleil.

Il n'entre pas non plus dans des considérations stylistiques, prévenant ainsi les inévitables prises de becs vestimentaires entre mère et fille.

Non la cause en est beaucoup plus hygiénique : voiler le nouveau-né éviterait ainsi tout abus sexuels du petit nenfant sans défense.

Fallait y penser.

A l'heure où dans les pays occidentaux le moindre prêtre ayant tripoté un tantinet une de ses brebis se voit porter au bûcher, on avait peu d'exemple rapporté d'abus pédophile dans les milieux islamistes. 

A croire qu'ils ne nous disaient pas tout les coquins...

Grâce à Monsieur Daoud, on en saura encore moins, puisque les poupons seront ainsi mieux protégés, ce qui laisse à penser qu'ils ne l'étaient pas jusqu'à présent. 

Mieux, ils pourront s'étouffer tranquillement, cachés sous leur voile protecteur, loin des yeux, loin du coeur.

Cette excellente idée possède néanmoins une faille :  si les bébés filles peuvent aguicher, et titiller les pulsions naturellement libidineuses des hommes, aussi saints soient-ils, les cacher ainsi va-t-il faire oublier aux vertueux que sous la petite burqa se trouve une nourissonne dodue et vagissante ?

Un esprit un minimum observateur fera inévitablement le rapprochement entre la créature tentatrice et la tenture protectrice.

Le mieux serait de mettre un voile sur cette burqa.

lundi 7 mai 2012

Le rêve aux lèvres.

A l'issue de cette élection présidentielle, je suis sincèrement ravi pour toutes les personnes qui ont voté pour un programme économique et social auquel ils croient. 

Je suis sincèrement désolé pour toutes ces personnes qui ont voté contre un homme, sans penser un instant qu'ils allaient en élire un autre qui sera certainement dans la même situation dans quelques temps.


Personnellement, je ne crois pas à un changement tant annoncé. 

Pour changer quoi ?

Certes je pourrais reprendre les 60 engagements du programme de Monsieur Hollande, mais ce serait fastidieux, et, pour ceux qui l'ont lu, nous savons pertinemment qu'il ne s'agit que de propositions électoralistes dont beaucoup ne seront pas respectées. 

Il y a certes des idées nouvelles et intéressantes comme la requalification du contrat d'apprentissage en contrat "génération", ou la baisse de salaire des hommes de l'état qui coûtent beaucoup moins à la nation que les avantages en nature dont ils bénéficient, ou encore le droit de vote aux étrangers qui est un bon moyen de contrôle des populations non indigènes, et beaucoup d'autres encore. 

Mais dans la rue, ce n'est pas de cela dont on parle. 

Quasiment la moitié des électeurs de notre nouveau président ont en fait voté contre le précédent.

Entre les deux tours, on a fustigé Nicolas Sarkozy parce qu’il a racolé des électeurs du Front National qui ne l'aiment pas spécialement et ne se retrouvent pas dans ses idées. Il est en effet inadmissible de tenter de rallier des extrémistes "fascistes", "nationalistes", "racistes", etc, je vous laisse le choix du sobriquet. 

A l'inverse, il est plutôt bien vu que des extrémistes de gauche, trotskistes, Marxistes, et autres écologistes qui n'ont d'écologique que le nombre de bulletins récoltés après une mascarade de campagne, se rallient spontanément à François Hollande.

Les millions de morts et prisonniers politiques du communisme au cours du XXème siècle ont laissé moins de trace dans l'esprit collectif que ceux engendrés par le fascisme ou les dictatures de droite. Le nationalisme communiste semble beaucoup moins grave que celui de droite. 

Pourquoi ?
J'avoue que je n'en sais rien. Peut-être parce qu'il s'agissait d'un mal nécessaire à la construction d'une société plus juste, moins inégale.

J'ai retrouvé cette idée dans les commentaires des partisans du changement. 

L'inégalité, la différence entre les riches et les pauvres, a constitué un des chevaux de bataille du programme de notre nouveau président.
Dans une société qui est aujourd'hui gouverné par l'économie, je crains que ce genre de discours  ne soit de la démagogie simpliste, au mieux une utopie. 

François Hollande, et ceux de ses partisans qui ont réfléchi à la question, pensent-ils vraiment que le reste de l'Europe, de la finance internationale, vont se plier aux desiderata d'un petit pays essentiellement connu pour son fromage qui pue et un acteur muet ?

Quant à prendre aux "riches" pour donner aux "pauvres", l'idée est bonne, elle a même fait l'objet de nombreux scenarii au cinéma. Seulement les nantis, justement parce qu'ils ont le pouvoir de l'argent, ont les moyens de ne pas se laisser faire.
Et se les mettre à dos n'arrangera certainement pas les affaires de notre Robin qui n'a aucun bois à part sa langue pour se cacher.

Bref, à moins d'un retour mondial à l'âge de pierre, et même à cette époque les inégalités existaient, le pouvoir de la finance est un mal nécessaire.

Pour créer un pays sans inégalités on peut prendre exemple sur de petites principautés ou des paradis fiscaux : pas d'impôts, ça c'est une bonne idée, mais pas d'étrangers non plus. 
On peut prendre exemple sur des pays a fortes ressources naturelles : la Norvège par exemple, ou si vous trouvez qu'il y fait trop froid, les pays du Moyen Orient. Seulement là aussi on se retrouve confronté à des pays protectionnistes, pour certain c'est même un euphémisme, et à l'heure actuelle ils ne sont pas disposés à nous céder leurs richesses.

En revanche, lorsque je constate les ravages d'une économie déficiente dans certains pays dont certains sont nos voisins directs, je ne me trouve pas si mal loti, et j'ai tendance à croire que le travail de Nicolas Sarkozy ces derniers temps nous a empêché de sombrer davantage vers une paupérisation synonyme d'inégalités.

Avant cette élection tout n'était pas rose. A mon niveau, j'essaie d'aider les autres par des actions sociales concrètes (j'en profite pour faire de la pub pour l'opération R²) car je n'attends rien d'un gouvernement qui fait ce qu'il peut pour ne pas prendre l'eau. Aujourd'hui, avec les éléphants roses du parti socialiste, on peut se prendre à rêver, et c'est très agréable. 
Il faut juste ne pas oublier qu'il y a moment où le réveil va se mettre à sonner.

vendredi 2 mars 2012

Cette nuit j'ai rêvé que l'on distribuait le César de la paix et l'Oscar de l'amour.
A mon réveil, à la radio, on ne parlait que du Bashar.

mardi 21 février 2012

Le Bashar du meilleur cadavre est décerné au peuple Syrien pour son interprétation dans "Onu aux numéros absents".

jeudi 7 juillet 2011

Les Wampas rien que pour toi.

C'est Noël en juillet, un concert privé des Wampas le Vendredi 22 juillet (au BT59 à Bdx) rien que pour toi et 300 autres, ça te dit cher ? Oui, oui, sort ta gomme magique, ça te déchire. 

Le nouveau film des Grolandais, pas ceux des Landes hein, non les maigrichons de la télé, recherche des figurants pour un concert des Wampas. 
Si tu es intéressé, retourne le formulaire à laura.grandsoir@gmail.com.
Sinon va sur la plage manger des glaces.

Faut faire fissa rapido c'est seulement ouvert aux 300 premières personnes qui retourneront le formulaire. (à l'heure où je poste il reste environ 150 places, heu non 149, 148, 145 (y viennent à 3 les cochons)...


Moi c'est fait.

sinon t'as ça aussi :
 France3 Aquitaine 

jeudi 30 juin 2011

L'été en pente douce.

Un des lieux hype où il faudra être vu cet été.
Dans ma prime jeunesse, juillet était synonyme de grandes vacances, de départ en famille, de crabes enfouis dans le sable, de glaces dégoulinantes, de genoux écorchés sur les rochers, de colliers de bonbons offerts à la fille d'en face.

En 2011, rien n'est plus pareil. 
Je ne dirai pas que c'est moins bien, ou mieux. Je n'ai plus les mêmes préoccupations, je surveille  mieux mon alimentation.

Toujours est-il, que juillet c'est la moitié de l'année, et à la réflexion, je trouve que ce premier semestre a été plutôt bien rempli : tremblements de terre, tsunami, tornades, crise financière, révolutions sanglantes, quelques viols, meurtres en série, volcans, ou bien encore accidents nucléaires, et je ne parle pas du dernier album de Christophe Mae.

Si jamais il y avait un moment propice pour perdre complètement la boule, aujourd'hui serait un bon jour.

D'ailleurs ces derniers temps il m'est fréquemment arrivé de croiser des gens un peu bizarres, un peu comme si avoir un pet au casque était la nouvelle tendance de l'été...

Par exemple, il y a eu ce type qui gesticulait sur un trottoir en faisant de rapides aller-retours entre deux lampadaires,
ce gars dans une file d'attente à la poste qui devient timbré parce qu'une mamie n'ayant qu'une seule lettre lui demande gentiment de la laisser passer,
un autre type croisé à la sortie d'un immeuble qui dialoguait à bâtons rompus avec son ombre, je lui ai prudemment dit "excusez-moi" pour qu'il me laisse passer (je dis toujours "vous" aux schizos),
ou bien encore cette femme croisée dans la foule marmonnant toute seule en regardant ses pieds et haussant les sourcils à intervalles réguliers...

Considérant cette dernière, je l'ai imaginé un instant comme une fille cachée de Batman, et que son monologue continu était en fait une émission d'ondes sonores, à la manière d'un sonar, qui lui permettait de fendre aisément la foule sans un regard pour son environnement, ses sourcils faisant office de capteurs.
Mais j'ai revu le dernier Batman, et elle avait l'air beaucoup plus agée que Bruce Wayne, donc ce n'est pas possible.

Mais peut-être que tous ces gens sont en phase avec la réalité actuelle et ont trouvé dans la folie un moyen  d'éviter la foule.

Par ailleurs, je ne veux en aucun cas donner de crédit à quiconque en profiterait pour juguler toute pensée créatrice ou artistique. Certains ont tôt fait d'assimiler excentriques et artistes.
Un grain de folie, peu être un grain sympathique, tant qu'il n'est pas germé.

Après tout, je ne les connais pas personnellement tout ces gens, je n'ai aucun diplôme reconnu en psychiatrie, et, telle la vieille truite, me méfie des appâts rances.

Justement, hier je déjeunais tranquillement dans un petit restaurant, et une grande femme rousse à deux tables de moi a passé son repas entier parlant, gesticulant et marmonnant dans ce qui semblait être un brouillard de confusion.
Je ne pouvais détacher mes yeux d'elle.
En partie par curiosité, et en partie par souci pour ma sécurité.
A la fin de son repas, elle se leva pour payer, et tout est devenu clair : elle portait une oreillette, un de ces trucs que vous utilisez avec votre téléphone cellulaire. Je ne l'avais pas vu.
Donc, elle n'était probablement pas folle, après tout. Mais je me méfie de leur salades aux rousses, elles en font souvent des montagnes.

C'est là que m'est venu une idée pour faire face aux vicissitudes de la vie en 2011.

Si en effet vous êtes susceptible de devenir totalement fada en 2011, achetez donc une de ces oreillettes, cela se trouve dans les magasins où il y a pleins de tout petits téléphones. Pas la peine de prendre la plus chère, car vous n'aurez même pas besoin de l'allumer. 

Ensuite, il suffit de la porter partout où vous allez. 

Vous pourrez commencer à vous entraîner à baver, criant et agitant les mains autour de votre tête. Tant que vous avez cette chose dans votre oreille, vous serez en mesure de faire le cinglé en plein jour, en toute impunité, et personne ne trouvera à y redire.

Lorsque enfin vous craquerez sous la pression des prêts hypothécaires qui vous saignent, des contaminations  nucléaires, ou même de simple lobotomie après un stage dans une secte apocalyptique, vous serez prêt.

C'est dingue, non ?

mercredi 22 juin 2011

Tête de la musique bis repetitat

Le 22 juin est un jour où j'ai mal à la tête.
C'est ainsi, annuellement, cruellement.

Pour fêter l'été, à moins que vous ayez la chance d'être sourd, ou exilé dans les montagnes, vous n'avez pu louper que chacun voulait y aller de sa petite partition.

Les cons sont bruyants en général. Un con silencieux, c'est suffisamment rare pour être souligné.
Et comme pour la fête de la musique tous les débiles ont le droit de s'improviser DJ, ça fait du bruit.
Car il y a un paquet de beaux débiles. Des centaines de milliers de décibels.

Sur le coup de trois heures trente du mat, après 54 268 boums à un rythme de trois boums toutes les secondes en moyenne, j'avais envie de flinguer le gars avec sa sono dans la rue.
Et de lui faire bouffer ses oreilles dans le même tempo.

Je l'ai observé à travers les persiennes.
Il était ravi, les acouphènes probablement confits au cérumen. C'était son heure de gloire. Il pointait régulièrement le doigt vers Dieu pour le prendre à témoin, enchaînant des morceaux tellement nuls que même Hadopi ne veut pas en entendre parler.
Quelques groupies éparses gigotaient devant lui, quatre ou cinq sans but fixe accompagnés de clébards, titubaient à coté. Pathétique, mais presque comme dirait l'autre.

Si il savait que derrière mon volet, j'ai monté et démonté 23 fois le fusil de chasse de mon grand-père...
Que j'ai bavé de luxure en introduisant avec un plaisir pervers les cartouches dans les canons.
Que je frissonnais de désir au bruit du canon qui claquait en se refermant, comme un coup de fouet sur une croupe cambrée.
Que j'ai eu d'horribles pensées inconfessables en caressant lentement la crosse, suivant ses contours les plus intimes.

Il aurait moins fait le malin.

J'ai fantasmé un long moment dans la pénombre, le souffle court, l'oeil vitreux, m'imaginant oeuvrer pour le patrimoine de la musique française en l'assassinant en ce jour symbolique, lui offrant par la même occasion, grâce à sa mort violente, une postérité qu'il n'aurait jamais atteint de son vivant...

Mais non, pas envie de me retrouver au violon non plus.

lundi 30 mai 2011

Fiesta mammaire

J'ai un soucis avec les dates.
Et mon épouse.

Par exemple, j'aurais aimé que la radio me rappelle mon anniversaire de mariage, le mois dernier, plutôt que la fête des mères ce dimanche. 

Profitant de l'absence de ma mamelue moitié partie observer les baleines au bord du Lac Léman avec son patron, afin d'effectuer un audit de promotion interne (joignant, ainsi qu'elle me le fit justement remarquer, l'utile à l'agréable), j'ai acheté un joli bouquet de petites fleurs que je livrais moi-même him-self à ma mère sur le coup de 11h45 sachant que je n'aurai à la supporter qu'un petit quart d'heure.
Les déjeuners de la maison de retraite  sont servis à midi pétante comme la majorité des pensionnaires. 

Elle en fut tellement ravie qu'elle se souvint  même du prénom de mon frère ainé, ce qui est un progrès notable  puisque jusqu'à présent je bénéficiais de celui de mon arrière grand-père Amédé. 

Alors qu'elle grignotait avec gourmandise les fleurettes, je lui racontais les derniers potins de la famille : l'oncle Xavier qui avait disparu après avoir enterré ses enfants au fond de sa propriété, "c'est tellement mignon les jardins d'enfants" s'exclama t-elle enthousiaste, sa cousine Jo décédée prématurément à 103 ans, "Sûrement le coeur, me dit-elle, elle n'a jamais eu bon coeur cette vieille bique !", ou encore l'intérêt de ma femme pour les cétacés helvètes, "Des baleines en Suisse ? Et pourquoi pas des marmottes au Pôle Sud !". 
Vous l'avez compris, ma pauvre mère est un peu déboussolée...

Je ne pu m’empêcher d'en parler le soir venu à ma tendre, rentrée lasse mais satisfaite de sa journée.
C'est alors qu'elle ne manqua pas de me rappeler ma défaillance du mois dernier, me reprochant d'avoir l'esprit obnubilé par mon boulot, mes diagrammes prévisionnels, mes tableaux comparatifs et courbes de croissance conjoncturelles.

Elle se déclara excédée, en avoir a marre, vouloir de l'imprévu, du romantisme, de la poésie, et même de la folie ! Elle s'enflamma, allant même jusqu'à prétendre que j'avais plus aucun intérêt pour ses atouts mammaires !
Je ne voyais pas très bien ce que venait faire sa mère là-dedans, mais prudent, je m'abstins de relever et fis le mort, d'autant plus que je n'avais joué au bridge avec elle.

Sur cette tirade enflammée, elle partit se coucher et ajoutant que je ne comprenais rien à rien, et qu'elle avait besoin d'air, qu'elle retournerait demain chez sa mère, qui elle, au moins, avait toute sa tête et eut le courage de quitter son père pour vivre pleinement sa vie de femme.

Abasourdi, ce bouquet final me fit réaliser que mon couple était en péril à cause de quelques fleurs.

Il fallait que je fasse tout pour le sauver. Maman n'assimilerait jamais un tel bouleversement dans la famille, perdrait pied un peu plus et forcément coulerait définitivement.
Archimède n'a pas inventé l'eau tiède mais il avait compris ça.

C'est alors que j'eu moi aussi une idée de génie : j'allais lui démontrer par A + B, grâce à une présentation Powerpoint imparable en douze points principaux, en 35 minutes, que notre union est aussi évidente que la capitalisation boursière pour le développement d'une entreprise.

Et ça, à long terme, ça ne peut être que payant.

jeudi 26 mai 2011

Reader indigest

Notre conseil lecture du jour, pour les résidents français actuellement en vacances aux Etats-Unis.

mardi 24 mai 2011

Comment garder le sens de l'humour pendant sa grossesse.


A Angélique L. avec tous mes encouragements.

Vous avez le cheveux terne, le visage bouffi, un soupçon de sciatique, vous marchez avec un dandinement impérial de manchot obèse, et chaque fois que vous éternuez, vous ne pouvez empêcher un petit pet mutin ?...

Ne cherchez plus, il y a de forte chance que vous soyez enceinte, et ce depuis un petit moment déjà.

Si le fait d'enfanter est à la fois grandiose et intimidant, il peut être également  une bonne occasion de se tenir les côtes, se taper sur la bedaine, voir de se pisser dessus...

mercredi 18 mai 2011

Comment faire comprendre à votre petite amie que vous êtes chaud.


Difficulté:  Facile

En attendant de connaître les dessous, ou ce qu'il en reste, de cette affaire qui effraye la chronique, il est important de recentrer le discours, car la french touch en a pris un coup en matière de romantisme.
Et ça c'est très grave.

Jusqu'à présent nous avions plutôt réussi à nous faire passer pour les inventeurs du french kiss,  des esthètes raffinés, charmants, prévenants, galants, prévenant, séduisant, souriant de toutes nos dents,   bref, affublés de plein d'adjectifs comme ça, bon an mal an. Des décennies d'efforts, de mensonges, de compromissions, anéantis...

Elles croiront quoi les américaines maintenant ? Que les français sont tous des obsédés poilus en rut ?

Alors les gars, faut se reprendre en main, si j'ose dire.

mardi 3 mai 2011

Point trop nympho.

Ce qu'il y a de pénible avec l'info, c'est que tous les jours point trop n'en faut, mais y'en a.
Au kilo.
Avec les hoax et l'intox, on en fait des tonnes.

A voir tous ces conflits, en ce moment, on a envie de dire : faites l'amour pas la guerre ! Mais il y en a tellement que c'est un coup à terminer nympho.

Aujourd'hui Ben Laden et le fils de Kadhafi sont annoncés morts.
Mais c'est pas complètement sur. 
Les autorités en charge de ces "exécutions" ne semblent pas vouloir, ou pouvoir, fournir de preuves tangibles, alors que le moindre terroriste abattu voit, si son dieu le veut, l'image de son cadavre faire le tour du monde.

Peut-être que grâce à la béatification de Jean-Paul II nous allons avoir droit en direct à un double miracle et que finalement ils vont ressusciter d'entre les maures ?

Le mieux serait de se concentrer sur des nouvelles moins morbides. Et fêter une naissance, ou la grossesse ne notre première dame par exemple...Ah mais non, ce scoop non plus ce n'est pas certain.

Il n'y a vraiment pas de quoi se sentir la rumeur badine.

jeudi 31 mars 2011

Le Mystère Pascal (Obispo)

Ne le dites pas, mais le gars qui 
n'assume pas, derrière son masque,
c'est lui.
Tous les goûts sont dans la nature, les égouts aussi parfois.

Parmi les défauts rédhibitoires que je reproche à la gente féminine, c'est cette fâcheuse tendance à aimer  les chansons de Pascal Obispo.

Pour le peu que j'en ai vu, ou entendu, j'ai toujours eu l'impression que ce chanteur était la quintessence même de la médiocrité médiatisée.
Il n'est malheureusement pas le seul, mais il se trouve qu'il s'est dressé à plusieurs reprises sur mon chemin alors que je tentais de dénouer un dialogue, entre autres, avec une fille...

Je me suis dit : "Bon, c'est moi peut-être...Il gagne à être connu...Le connais-tu vraiment pour juger ? C'est le café qui me donne envie de chier comme ça ?"

Afin de parfaire mon opinion, je me suis donc intéressé de plus prés à ses compositions, après être passé aux toilettes.