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lundi 30 mars 2020

Lundinutile



Je n'aime pas le lundi.

C'est vraiment un jour qui ne sert à rien, si ce n'est à emmerder mortellement tout le monde. Le requiem du lundi matin me fait même regretter le blues du dimanche soir.

Heureusement ces derniers temps on ne distingue plus trop le dimanche des autres jours, Du coup, nous nous retrouvons avec des lundimanches, des mardimanches, des mercredimanches, etc (je ne vais pas vous refaire la semaine des quatre jeudimanches non plus).

Mais il faut raison garder paraît-il, ne pas sombrer dans ces dépressions chroniques des temps passés de ce bon vieux moine Nestor, se laisser aller à cette sale mélancolie propre aux slaves.

Bref conserver un semblant de rythme hebdromadaire pour ne pas devenir chameau, en un mot : bosser.

Habituellement, le lundi me donne envie de faire des trucs inutiles.
Je fais déjà plein de trucs inutiles en temps utile, mais là, en ce moment, j'aimerais faire un truc subtilement inutile.

Je pourrais lire le dictionnaire mot après mot, constater qu'entre fellah et félon se trouve fellation, ou appeler les renseignements téléphoniques du monde entier et répertorier toutes les façons de dire allo...

Je pourrais étudier ce kafkaïen coléoptère qu'est le bousier et savoir pourquoi il pousse allègrement sa petite crotte, ou bien pouvoir expliquer pourquoi le castor est si fort en barrages, mais certains, j'en suis sûr, ramèneraient ce genre d'info à leur petite vie, au cambriolage de leur villa de Guéthary pas assez barricadée, ou à la constipation de leur chiante belle-mère...

Dans les dîners chics d'autrefois, à l'époque où les gens partageaient leur postillons à la même table, avant d'intervenir dans une conversation, je faisais toujours une minute de silence en souvenir de toutes les histoires ou anecdotes que je n'ai jamais pu raconter à temps. Certain y voyaient un cruel manque d’à-propos, mon esprit d'escalier me détournant de l'ascenseur social. Là, j'aurai, du coup, matière fécale et estivale pour participer de concert à ces badineries mondaines. Mais je ne verse pas dans ces amitiés versatiles où l'utilité est érigée en crédo.

Savoir, ou faire, un truc vraiment inutile, voila un truc utile.
Oui mais, me direz-vous, si l'inutile est utile, c'est le serpent qui se mord la queue ! 
Certes, mais dans les deux cas tout est une question de souplesse.
Et puis cela pourrait charmer une fille futile. Il ne faut pas oublier de joindre l'inutile à l'agréable.

Donc, ce matin il me faut ma dose de vacuité. Bien serrée.

J'ai hésité à apprendre les coefficients des marées de Ciboure ou les distances entre les trous du Golf de Souraïde, mais je fréquente parfois des personnes frivoles susceptibles d'être intéressées par ce genre d'info...

Balayer le trottoir du bar fermé d'à côté entre 9h et 10h ? On me dit manche, mais sans vouloir mégoter, je crois que je tiens un truc là...Mais c'est vrai je ne suis pas du tout Manuel. Et c'est son boulot habituellement.

Je suis plutôt dans l'intellectuel, ce qui en soit est déjà considéré par beaucoup comme superflu. Il me faut donc explorer l’existentiel, le sens de la vie, voir celui des aiguilles d'une montre.

Tiens, par exemple, qu'elle est l'heure de la journée la plus pénible ? (le jour de la semaine on le sait déjà).

Pour moi ce serait plutôt 16 heures.

Je suis quelqu'un de foncièrement poli.
Lorsque je croise quelqu'un au village je dis toujours bonjour ou bonsoir en fonction de l'heure.
Mais 16 heures me pose problème.
15 heures, no souçaille, c'est bonjour. Pareil, 17 heures, c'est bonsoir, surtout en hiver. Mais 16 heures ?

C'est un réel problème, au point que j'hésite à sortir de peur de croiser un voisin. Heureusement en ce moment on ne croise pas grand monde mais tout de même.

Je pourrais certes attendre que l'on me salue, d'un bonsoir ou d'un bonjour jovial, et répondre tout de go bonsoir ou bonjour l'air avenant. Mais connaissant mon problème, mes voisins ont du coup la même appréhension que moi, ne voulant commettre d'impair et recevoir violemment un bonsoir à point nommé en réponse à leur bonjour inopportun...

Cela a donné des rencontres bizarres.

Un de nos passe-temps favori est de sortir les poubelles, les conteneurs de tri sélectif sont the place to be ces derniers temps, sauf lorsque l'on s'y rencontre à seize heures. Nous avons tous une lueur inquiète dans le regard, nous épiant un sourire contrit aux lèvres serrées à blanc de peur de laisser échapper un mot malheureux.

Avec les règles de distanciation actuelles, cela nous oblige également à nous écarter et tourner sournoisement les uns loin des autres serrant nos poubelles comme des bouées de sauvetages. Certains laissent échapper un petit grognement, probablement en guise de salutation, mais ce n'est pas sûr, et c'est flippant.

Je ne vous raconte pas l'ambiance...De quoi tous se transformer en associaux paranoïaques.

Bref, 16 heures est un horaire sensible.
Ce n'est pas pour rien que le goûter de 16 heures est le premier repas à être sacrifié en période de famine.

Déjà seize est un nombre troublant.
En mathématique, c'est le seul entier pour lequel il existe des couples d'entiers distincts. Je ne sais pas exactement ce que cela signifie mais cela ne m'a pas l'air très catholique.
Il parait même que c'est un nombre pentagonal centré. C'est dire.
Le canal 16 est le canal maritime international de détresse en VHF. Et sans vouloir en rajouter dans la douleur c'est aussi le numéro atomique du souffre.
Cela a été un mauvais numéro pour notre dernier roi au pouvoir, et plus récemment je vous rappelle que notre Président nous a annoncé notre mise en confinement lors de son intervention du...16 mars dernier.

Alors, alors ?

Vous allez me dire : et le 13 ?

Alors ça c'est le genre de remarque qui m’horripile car inutile.
Surtout le lundi.



(Quelques passages de ce textes sont inspirés d'une lecture de je ne sais plus qui)

samedi 28 mars 2020

On vit une époque formidable.

Figurez-vous qu’hier soir, j’étais invité à dîner, et je recevais également.

Cela peut paraître étonnant, mais c'était vraiment été le cas.
Non pas qu’un va nu-pied pique-assiette retors et radin ait profité de ce confinement pour rendre ses invitations chez moi, ou que j’ai recueilli au débotté tout le monde suite une défection de dernière minute de notre hôte, ou encore que j’usse mis les pieds dans le plat en oubliant une invitation et organisé un raout à domicile...Non aucune de ces chausse-trappes.
Cloîtré, je n'ai pas non plus développé de don d'ubiquité, ni de trouble dissociatif de la personnalité (pas à nos connaissances en tout cas).

J’ai tout simplement participé à un dîner virtuel, par écrans interposés.

Durant l’après-midi j’avais reçu un message de mon poto Jojo de Catalogne, qui voulait que l’on se retrouve ce soir pour un p’tit dîner entre amis.
D’habitude ces invitations au dernier moment c’est toujours compliqué. Vous savez ce que c’est : les uns vont justement au théâtre ce soir-là, ou sont déjà invités chez leurs vrais amis, d’autres ont les enfants et pas de baby-sitter, les plus chanceux une baby-sitter et pas d’enfant...bref des tas d’excuses et pas de temps.
Or, avec ce confinement, il semble que tout le monde ait trouvé facilement un créneau, une excuse pour passer le temps.

On vit une époque formidable.

Bref, nous étions huit convives, amis de longue date, depuis près de…quarante ans. Putain quarante ans ! Ça file à une vitesse quand j’y pense, enfin un peu moins ces derniers temps, mais quand même, ça fait flipper. Le temps passé, et ces derniers temps.

Jojo, affreux éternel adolescent, avait décidé de briser cette quarantaine, celle imposée par les événements, pas notre amitié hein.
Rendez-vous était fixé à 20h, heure de Paris.
La précision est importante. La France, qui devrait logiquement être dans le fuseau horaire des rosbifs, se situe en réalité dans le fuseau +1. Et ce depuis l’occupation allemande en 1940.
Je ne sais pas si cela provient de notre ancestrale rivalité avec nos voisins d’outre-manche mais cela n’a jamais été remis en question depuis la dernière guerre.
En tout cas c’est pratique pour J-M qui habite en Suisse Allemande, et pour Jojo (même s’il est systématiquement en retard) puisque l’Espagne est dans le même cas que nous.

Pour Pierrot et Marie qui sont parisiens, eux ils ont toujours un temps d’avance sur la province, enfin c’est ce que disent les parisiens.
En revanche, pour Louis et France qui sont expat’ à Hong-Kong c’est plus compliqué car il y a huit heures de plus, ce qui leur faisait un bon quatre heure du mat, un horaire oscillant entre la soupe à l’ail de fin de soirée et un petit-déjeuner plus que dès potron-minet.
Pour Jean et Lolo, pas de problème, ils sont de Toulouse, presque des voisins, des gens très comme il faut donc.

Un nouveau message nous expliquait comment installer l’appli choisie pour la visioboufférence, l’horaire donc, et les différents participants. Il était dit que l’installation du logiciel était d’une simplicité enfantine, ce qui n’est pas vraiment rassurant car j’ai remarqué que les enfants sont beaucoup plus doués que nous pour ce genre de chose.
Néanmoins, rien de compliqué en effet, cela laissait largement le temps de se pomponner pour ces mondanités internationales, d’autant plus que, la webcam imposant un calibrage à nos sages visages, tout au plus à nos augustes bustes, aucune tergiversation ne s'imposait concernant le choix des chaussures.

J’étais content de revoir les amis après deux semaines de dîners quasiment solitaire. Un petit mulot vient de temps en temps me rendre visite ces derniers temps ; on en a pas mal à la campagne, et habituellement je préfère qu’ils restent à l’extérieur. Mais compte tenu du contexte, cette moindre présence est plutôt divertissante même si nos conversations relèvent plutôt du monologue.
Ce soir c’est gala, j’aurai enfin droit à autre chose que le regard dubitatif de mon compagnon des champs.

A 19h30, une demi-heure avant l’heure prévue, Jojo s'annonçait sur l’appli. Une telle précocité pour le chantre du retard systématisé prouve bien que l’on vit une époque formidable.
Cela nous laissait le temps d’entamer l’apéro en attendant les autres. Je ne bois jamais seul, même si je sais qu’au bout d’un moment cela peut faire voir double, mais j’ai vite oublié l’étrangeté de cette compagnie dématérialisée et ait partagé un premier godet avec mon poto. Puis un autre ouvrant même une petite boîtes de moules en sauce à défaut d'une présence feminine à mes côtés, féminine. Ça nous a fait rigolé, le ton était donné. Après des semaines sécheresse la chaudière s'est donc vite rallumée .
Comme la situation de Jojo est plus ou moins identique à la mienne, le mulot en moins, et à celle de quasiment tout le monde en ce moment en fait, nous avons vite évacué le sujet pandémique, les symptômes, la maladie, les morts, et avons retrouvé notre capacité à parler de rien, mais pas de toux.

Les autres sont arrivés ensuite. Petit à petit, au fil des connections, l’écran se partageait en petites fenêtres, chacune affichant les sympathiques bouilles de mes amis. J-M nous présenta Astrid une teutonne rencontrée récemment qui expérimentait à plein temps le bougre, confinée volontaire chez lui.
La santé ayant été déclaré sujet tabou, l’on trinqua à l’intelligence. C’est ce qui pouvait nous faire le plus défaut, en dehors des contingences matérielles considérées comme trop terre-à-terre pour cette réunion au sommet.

Chaque arrivée était accueillie par de grands cris de joie et très vite l’on retrouva l’ambiance de nos grandes fiestas.
Les derniers à se connecter furent les chinois qui apparurent la tête en bas et plissant des yeux, ce qui en soi semblait logique puisqu’ils se trouvaient aux antipodes. L’explication était moins spatiale et plus prosaïque : leur ordinateur étant en carafe et ils suivaient la réunion sur le petit écran d’un téléphone mobile qu’ils tenaient visiblement à l’envers. Compte tenu de l’horaire, chez eux, et de ces contingences techniques sommaires, ils ne restèrent pas longtemps, quittèrent ce sommet pour rejoindre leur sommier.

Chacun entama à son rythme le dîner. J’avais placé mon ordinateur au bout de la table de la cuisine. En face de moi se trouvaient donc le reste de la tablée, chacun dans leurs petites fenêtres réparties sur l'écran. Leurs tronches hilares et expressives me donnaient l’impression de dîner avec le Muppets Show, j'abandonnais ma vie d'hermite pour Kermitt.

L’avantage de ce dîner chez soi c’est que du coup chacun mange ce qui lui plait. Cela ne me dérangeais absolument pas que J-M s’enfile une choucroute garnie avec son allemande. Je ne suis pas un grand fan de l’odeur du chou, encore moins après digestion.
Moins de vaisselle à faire aussi, quoique l' évier et moi nous étions laissés un peu déborder ces derniers jours. Lolo, qui arrête de fumer aussi facilement qu'elle change d'avis, ne pouvait pas non plus nous piquer de clopes. Du coup, nous fumions tous comme des pompiers, ce qui inquiétait beaucoup Jean qui sentait Lolo bouillir.

Je vous ferai grâce des conversations et private jokes qui émaillèrent notre souper. D’ailleurs une partie fut inaudible tant chacun était volubile, et l’autre s’évapora dans les limbes de la part des anges.

L’on commença à mettre de la musique et à nous agiter en rythme sur nos chaises. A droite, gauche, les épaules en haut, en bas, pour une fois on pouvait danser dans s'essouffler en 5 minutes. C'est beau de retrouver sa jeunesse.
Jojo se saisit de son saxo, d’autres battaient la mesure avec leurs couverts, j’entamais une gigue chancelante qui m’envoya valdinguer lorsque je me pris les pieds dans le câble de l’ordi dont la chute se termina par miracle sur la chaise que je venais de quitter.

Au milieu de ce pandémonium joyeux, je me souviens que J-M et sa fridoline compagne de réclusion n’arrêtaient pas de se bécoter, tout du moins pour la partie visible à l'écran. Nous les chambrions allègrement du tac-au-tac sans aucun tact pour non-respect des distances de sécurité. C’était plutôt chou. En accord avec leur menu.

On se fendit la poire. J'en pris une aussi d'ailleurs, ou deux, je ne sais plus, j'avais la pêche, et ça sentait la grosse prune en primeur.

A un moment, Pierrot éclata de rire, recrachant le vin qu’il était en train de boire. Sa fenêtre s’éteignit brusquement.L’on décréta qu’il devait être mort de rire, pas plus inquiet que cela.
C’est ça les copains.
Il revint un peu plus tard, sur son téléphone portable, le clavier de son ordinateur n’étant visiblement pas wineproof. Il nous précisa que Marie n'a pas rit (c'était son ordi du boulot). Mais nous oui, tout cantonnés que nous étions.
Entre temps J-M et sa tactile teutonne avaient disparu de l’écran. Se faire chambrer leur avait sûrement donné l’idée d'investir une autre pièce de leur appartement.

Puis, l’alcool aidant, je sentais que mon marchand de sable n’allait pas tarder à trépasser. Peu à peu les autres convives se calmèrent également, et après les non-embrassades d'usages, nous nous s’éteignimes de concert avec nos écrans.

Il était 23h30, bien plus tard que mon horaire de couchage de ces derniers jours. Groggy et revigoré.
Je venais de dîner à Paris, Hong-Kong, Sitgès, Lucerne, Toulouse, dans la même soirée, avec un bilan carbone quasiment nul, et une légère contusion à la cuisse.

On vit une époque formidable.

(Toute ressemblance avec des personnes existantes (ou ayant existé, je n’ai pas encore eu de nouvelles depuis pour certains) n'est pas fortuite. Par respect ou en mémoire de celles-ci, les faits ont été transformés…et édulcorés.)

vendredi 27 mars 2020

Ce matin, en écoutant les infos à la radio, je regardais une grosse miette de pain flotter dans mon chocolat. A l'instar de mes pensées, on aurait dit un iceberg divaguant en Arctique mais en négatif.

Je me suis demandé si j'aurai préféré être un ours polaire ou une otarie...Pas facile...
Je n'ai pas eu le temps de choisir, la miette de pain iceberg a fini par couler.
Gloups.

Du coup, j'ai éteint la radio. J'ai bu mon chocolat avec gourmandise, faut pas déprimer, ce soir c'est le week-end !

Heu...oui je sais.

vendredi 20 mars 2020

Pour que l'été survive au printemps.

Chères confinées, chers confinés,

Dans quelques jours, quelques semaines, quelques mois, cette trêve des confineurs prendra fin.

Cette attente qui blesse vos cœurs printaniers d'une langueur monotone sera enfin éradiquée et c'est le pied alerte et la main ouverte que vous débarquerez sur ces terrasses de café tant convoitées.
Cette libération sonnera le glas de nos efforts, sacrifices et autres compromissions actuelles, pour limiter notre horizon citoyen à nos murs mitoyens.

Paradoxalement, vous l'avez peut-être remarqué, le reste de la planète a l'air de plutôt apprécier notre mésaventure, comme si toutes les autres espèces avec qui nous partageons la terre profitaient des vacances que nous leur offrons (enfin) à notre insu.
Les bancs de poissons frétillant dans les eaux claires des canaux vénitiens, les chants d'oiseaux égayant les maigres canopées des parcs et jardins publics citadins, autant de petits spectacles ravissants que l'on serait tenter de qualifier de "miracles de la nature" s'ils n'étaient pas finalement de l'ordre naturel...Après quelques jours de réclusion, notre environnement recouvre un air de santé inégalé depuis des décennies.

Mettons à profit ce temps d'arrêt dans nos vies trépidantes (du moins pour ceux qui ne sont pas actuellement sur le terrain pour tenter de sauver des vies et permettre aux autres de vivre) pour réfléchir à tout cela.

Que sommes-nous prêt à faire pour éviter que nos activités quotidiennes, nos déplacements incessants, nos périodes de vacances à l'autre bout du monde, ne recommencent à fragiliser les écosystèmes des autres locataires du monde et, par ricochet, le notre ?

Quel repos, quel intérêt, trouvons-nous réellement à vouloir plus que notre voisin, aller plus loin que lui, envier sa réussite ? Car c'est parfois de cela qu'il s'agit : d'un orgueil mal placé (on se demande d'ailleurs où il pourrait bien se placer) qui pousse à consommer plus, posséder davantage, tout en se persuadant que ces plaisirs immédiats, et à court terme, sont salutaires.

Sans s'ériger en parangon de la déconsommation à outrance, nous avons quelques jours, quelques semaines, quelques mois, pour y penser tranquillement, avant de se retrouver et deviser de visu, autour d'un verre, avec un plaisir sans paille, de perspectives communes salutaires et optimistes.

D'ici là, vérifions l'adage que pour vivre heureux, ou tout du moins plus vieux au soleil, vivons cachés. Et si les gazouillis vous gazent l’ouïe, le manque de carbone vous pompe l'air, courage cela ne durera pas.

Vive le printemps, vive le temps qui passe.

mercredi 13 novembre 2019

L'amour composté.

Elle avait une façon de ne pas me regarder hypnotisante. Son altière proximité transcendait ma révérente dévotion en un indicible nirvana virtuel.

Le contrôleur mis fin à la naissance de cette idylle ferroviaire de la plus brutale des façons : "Puis-je voir votre billet ?"

Je réalisais alors ce qu'il manquait à notre passion naissante : une assise épistolaire.
Je m'affairais donc à la rédaction de ce billet doux.


Cela ne semblait pas du goût de l'agent SNCF toujours planté dans l'allée. Je ne sais pas ce qu'il s'imaginait mais lorsque je lui précisais que ce billet ne lui était pas destiné il se renfrogna davantage.


Je savais que pour certains la courtoisie en amour relève d'un anachronisme suranné, une insensibilité certainement dû au contexte anxiogène de l'époque. Je lui en fis part et d'un empathique élan de solidarité lui confiait un des secrets de la vie de couple : la concession.
Et ce n'était pas en s'énervant ainsi qu'il obtiendrait quoique ce soit.
Ce billet ne lui était pas destiné.
Point final.

S'il arrivait à en faire son deuil, à raccrocher son ego coiffé de sa (ridicule) casquette au porte-manteau de son orgueil, peut-être serait-il alors servi en retour d'une quelconque satisfaction.

"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage." Cette morale n'a rien d'une affabulation gratuite, et s'il elle convient pour guider les êtres sur le chemin de la vie, elle est d'autant plus pertinente lors d'un voyage en train.


Nous avions juste 30 minutes de retard sur l'horaire.

lundi 16 février 2015

Nondieuserie

Il n'y a pas de juifs, de chrétiens, de musulmans, d'indous, ou autres croyants, il n'y a que des angoissés face au néant.

jeudi 22 mai 2014

Mon Dieu riez pour nous.

Le tour de force de l'église c'est de réussir à faire croire que le Royaume de Dieu est une République Démocratique.

mardi 13 mai 2014

Galop d'essai.

Roy Lichtenstein, in the car, 1963
Rodolphe avait rencontré Hélène chez des amis communs.

Au cours d'un de ces dîners où l'on a fait bien attention de respecter la parité des convives et, donc, à proposer aux célibataires présents de rencontrer l'âme sœur, entre la poire et le fromage.

Rodolphe et Hélène ont chacun un lourd passé affectif qu'ils ont le bon goût de garder pour eux, ce qui explique que nous n'en sauront pas plus.
Ils aimeraient tous les deux, la quarantaine passée, retrouver un second souffle, des émotions qu'ils n'ont plus connu depuis longtemps, genre un grand amour qui déchire tout, vous voyez ?
Mais ils savent également par expérience qu'il vaut mieux rester prudent, et qu'Hollywood ce n'est pas la porte à coté.

A table, puis sur le canapé, ils discutèrent, discutèrent, et plus que par politesse. Enchanté par sa pétillante voisine , Rodolphe lui proposa d'aller voir le dernier film des Frères Cohen pour lesquels ils s'étaient découvert le même engouement.
Elle accepta d'y aller avec joie et, ce qui ne gâche rien, avec lui.



Trois jours plus tard, il passèrent à nouveau une charmante soirée.
Le film était bon, les commentaires des deux amis pertinents. Pour continuer leur conversation débridée, il l'invita à dîner deux jours plus tard.

Ils partagèrent une fois encore de bons moments, s'amusèrent beaucoup, et entre eux une certaine complicité, insouciante et sans arrière pensée, se créa.

Ils continuèrent de se retrouver régulièrement, avec un plaisir sans cesse renouvelé, tant et si bien qu'au bout de quelques mois, sans être inséparables, ils ne voyaient quasiment plus personne d'autre.

Ce soir là, alors que Rodolphe raccompagnait Hélène chez elle, cette dernière consultant son calepin lança dans le fil de la conversation :
- Tu sais que que cela fait exactement 4 mois ce soir que nous nous sommes rencontré ?

Le feu passe au rouge, Rodolphe s’arrête sans relever.

Du coup un ange passe également.

Au fond d'elle même, Hélène se dit : "Bon sang, t'es conne ou quoi ? Qu'est-ce qui t'a pris de dire un truc pareil ? Maintenant il va croire que je compte les jours, ou pire que j'aimerai que notre relation évolue vers quelque chose qu'il ne souhaite peut-être pas..."

Rodolphe par devers-lui : "Putain, quatre mois !"

Hélène continuant son monologue intérieur : "N'importe quoi vraiment, ma pauvre fille...ça va le tracasser c'est sûr. Alors que ça me va moi ce genre de relation, enfin je crois, on se connaît à peine après tout. Et j'y ai pas vraiment réfléchi non plus, hein ? Est-ce que j'ai vraiment envie que nos rapports évoluent vers, je sais pas moi...un niveau d'intimité plus...sexuel, ou vers, une vie ensemble, un mariage ? Pour la vie ? Est-ce que je suis prête pour ça ?"

De son coté, l'air de rien, Rodolphe n'est pas en reste : "Voyons, quatre mois...ça fait novembre, ouais. On a commencé à se voir juste après avoir acheté la voiture...ça veut dire que...il jette un coup d'oeil au compteur...Ouh la oui ! j'suis à la bourre pour la vidange depuis un p'tit moment déjà !"

Hélène voit sa mine se renfrogner : "Il est énervé maintenant, voilà, t'as gagné ! Je peux le voir sur son visage. Il doit se dire que ça fait long non ? Peut-être que je l'ai mal jugé après tout...peut-être qu'il a envie de plus d'engagement, plus d’intimité, et qu'il perçoit ma réserve comme un rejet...C'est pour ça qu'il dit rien sur ses sentiments. Il a peur d'être rejeté."

"J'vais en profiter pour faire re-vérifier la carbu, j'ai l'impression qu'elle rame un peu là...Et tant pis si ils me prennent pour un maniaque, ils ont beau dire cette caisse a autant de pèche qu'un camion-poubelle...et dire qu'ils m'ont facturé 850 €, la dernière fois ! Putains d'escrocs de  garagistes !"

"Il est furieux. Et je ne le blâme pas. Je serais furieuse, moi aussi en fait. C'est de ma faute...Qu'est-ce que je peux faire ?"

"Ils diront probablement que c'est garanti seulement 90 jours. C'est exactement ce qu'ils vont dire, ces enfoirés."

Hélène, toujours en son for intérieur, connait ses faiblesses : "Je suis trop idéaliste aussi...le prince charmant, mon preux chevalier, du haut de son cheval blanc, qui m'enlève, pff...n'importe quoi...J'ai la chance d'être à coté d'une personne sensible, qui m'écoute, que j'apprécie et qui semble vraiment s’intéresser à moi...et moi à cause de mon égocentrisme, je peux pas m’empêcher de le fâcher avec mes idées romantiques d'ado attardée..."

Rodolphe continue de fulminer : "Garantie ? Je leur foutrai dans le cul leur garantie à la con..."

- Rodolphe ? dit alors Hélène à voix haute.
- Oui ? répond t-il un peu surpris.
- Ne te torture pas comme ça, s'il te plait, dit-elle, les larmes aux bords des yeux. Peut-être que je n'aurai jamais dû... Oh, je me sens si...

Elle prend son visage entre ses mains, en pleurant.

- Mais que...?
Rodolphe fronce à nouveau les sourcils, mais d'inquiétude cette fois-ci.

- Je suis une imbécile, sanglote Hélène. Je veux dire, je le sais bien qu'il n'y aura pas de..Je le sais vraiment. C'est bête. Il n'y a pas ni cavalier, ni cheval.
- Il n'y a pas de cheval ???
- Tu me prends pour une idiote, n'est-ce pas ?
- Non ! Bien sur que non ! s'exclame Roger soulagé de pouvoir enfin donner une réponse cohérente.
- C'est juste que... C'est que... J'ai besoin de réfléchir...souffle Hélène.

Il y a une pause de 15 secondes pendant laquelle Rodolphe, mal à l'aise, se demande ce qu'il a pu bien dire ou faire...Il réfléchit aussi vite qu'il peut, essayant de trouver une réponse sûre...Finalement, prudent, il opte pour un "Oui, bien sûr" sibyllin au possible.

Hélène, profondément émue, lui prend le bras.
- Oh, Rodolphe, cela ne t'ennuie pas ?
- Quoi donc ?
- Que je choisisse cette option ?
- Option ?

Rodolphe se demande alors si elle pas parlait pas du système Bose qu'il n'avait pas choisi pour la voiture, pourtant il lui semble bien ne pas lui en avoir parlé...étrange...

- Oui, l'option du temps, tu vois ? Y penser un peu avant de...me remettre...en selle, enfin tu vois quoi ?

Hélène se tourne vers lui et le fixe intensément, ce qui met Rodolphe encore plus mal à l'aise. Il se demande de quoi elle parle,  ce qu'il ,ou elle, pourraient dire ensuite, et surtout si cela allait encore impliquer un cheval...
Il n'aime pas monter, et, à dire vrai, il a une frousse bleue des canassons...

- Merci, Rodolphe, dit-elle alors.
- Mais non, je t'en prie, merci à toi Hélène, conclu-t-il content de s'en tirer ainsi.

Sur ce, arrivé devant chez elle, il l'embrasse rapidement, pressé de clôturer cette fin de soirée qu'il ne maîtrise plus, vaguement inquiet quant à un impaire qu'il aurait pu commettre sans s'en rendre compte.

Une fois entrée, elle se précipite vers sa chambre, se jette sur son lit, les pensées confuses.
Une sourde angoisse la tint éveillé jusqu'à l'aube.

Chez lui, Rodolphe, un peu interloqué par le brusque changement d'humeur d'Hélène, si gaie et amusante jusque là, s'installe devant sa télévision. Il se met à gober la retransmission d'un match de tennis entre deux obscurs croates, comme un ravi de la crèche.
Une petite voix, venu du fond de son esprit lui dit qu'il s'est passé quelque chose d'important dans la voiture...Mais il n'arrive pas à trouver le début d'une explication à cette scène, ni aux paroles d'Hélène.
Il se dit également que ce n'est pas ce soir qu'il trouvera la réponse à ces énigmes, et qu'il ferait mieux de ne plus y penser, ce qu'il fit, instantanément.

Le lendemain Hélène appellera son amie et confidente la plus proche, ou peut-être deux d'entre elles pour plus de sûreté, et elles parleront de cette situation pendant plus de six heures ce jour-là, et les jours qui suivirent.
Elles analyseront ensemble, tout, le moindre détail, tout ce qu'il a pu dire, revoyant de nombreuses fois les moments  qu'ils ont passé ensembles, explorant chaque mot, chaque expression, chaque gestes et nuances dans ses regards.
Chaque interprétation sera étudiée sur plusieurs angles, avec plusieurs extrapolations possibles.
Elles n'arriveront à aucune conclusion certaine, mais ne s’ennuieront pas une seconde, finissant par rire comme des folles de la bêtise et de la naïveté des hommes.

Peu de temps après, Rodolphe, jouant le squash avec un ami commun, marqua soudain une pause juste avant le service, et demanda :
- Tu savais que Hélène avait fait de l'équitation ? J'suis inquiet, j'ai l'impression qu'elle a fait une mauvaise chute, ou un truc dans le genre...

mercredi 9 avril 2014

Dictons bidons



Issu d'une région réputée, à tord, pour ses cons et, à juste titre, pour ses espadrilles, je crois pouvoir me targuer d'un certain bon sens qui hélas me fait soudain défaut à proximité de la gente féminine.

Par ailleurs, mon nom de famille est une traduction régionale de "loup", et je peux donc fièrement déclarer que toutes mes conquêtes l'ont forcément vu.

En revanche, je n'ai jamais cherché à comprendre ce ridicule dicton de chez nous qui énonce "Qui a le loup pour mari, jette souvent la vue sur le bois". Je crois néanmoins que mon ex-femme l'avait compris.

Puisque l'on en est aux proverbes, il m'en revient un autre, qui a souvent guidé ma vie sentimentale : "Il ne faut pas chercher loin pour trouver l’amour.”

En effet, j'ai souvent accordé bien plus d’importance à la proximité géographique qu’au tour de poitrine de mes petites amies potentielles. Pour faire plus simple, on va dire que j’ai bien souvent fini par emménager avec mes voisines. Ou leurs copines.

Tous les matins ouvrés de la semaine, nous nous croisions.

Elle, sagement assise, attendant le bus, le regard absent, indifférente à mon corps d’athlète anémique.
Un jour je lui ai dit : “C’est marrant, je crois qu’on est voisins !”
Et elle m’a répondu : “Ah ouais ? Dis donc, t’es pas très épais…”

On peut me dire des tas de choses sans que je me vexe. Des trucs sur ma mère, tout ça. Je m’en fous, j’assume complètement son statut de prostituée. En revanche, si y’a bien un truc que je ne supporte pas, c’est qu’on insinue que je suis maigre. Même si à l'époque c’était un peu vrai.
Et pourtant, là j’ai souris.
J’ai bredouillé quelque chose du genre : “Bin euh, c’est pas vraiment ma faute… la morphologie… la guerre… les privations.”
Elle aussi avait souri.
Elle avait souri, et j’étais tombé amoureux.

Je n’avais même pas respecté le protocole : regarder ses fesses, ses mains, ses seins, ses revenus.

Un matin de septembre elle m’a annoncé qu’elle avait rencontré quelqu’un. Je crois que je l’ai embrassée avant même que sa phrase ne soit terminée. Et puis quoi encore ? j’allais pas me laisser damer le pion par un amour de vacances. Très rapidement, j’ai dû lui faire signer un contrat oral (avec la langue), l’engageant à me tester pendant un mois.

Des fleurs tous les jours, des poèmes aux shamallows, des cinémas normaux, des jardins pudiques, des cafés sur des terrasses au lever du jour, des poèmes aux carambars, des promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas, des fleurs le soir aussi, des sérénades dans le cou...
Le mois a fini par s’écouler.
Épuisant.

“Écoute…” me dit elle. “T’es un jeune homme sympathique, drôle, fortuné, avec sans doute un sexe énorme (ça elle ne l’a pas dit, mais ça me fait tellement de bien de l’écrire et puis si je le dis pas ici beaucoup ne le sauront jamais) mais bon voila… Physiquement..enfin, tu vois quoi ? ” qu’elle me dit.
“T’es sûre ? (Parce que je vais me tuer hein)”
“Oui je suis sûre. (va te tuer)”

J’ai écouté “Flip-flap” des Forbans en boucle pendant une semaine. La vie n’avait plus aucun sens. La chanson non plus d’ailleurs.

Et puis le téléphone a enfin fini par sonner. J’ai bien attendu avant de décrocher, c’est ma tactique pour faire croire aux personnes qui m’importent qu’elles sont insignifiantes. J’avais lu ça dans un “Jeune et jolie” de ma sœur. C’est super efficace.

Du coup, nous sommes restés 2 ans ensemble.

Des poèmes aux steaks hachés, des fleurs parfois, des sérénades sur son mp3, des jérémiades aussi, des “je t’aime”, des “moi aussi”, des rires, des sourires, des assiettes sales, des chaussettes aussi, des larmes, des “non pas ce soir”, des “bon tant pis”...

Et puis un matin de septembre, je suis parti. J’avais des trucs à faire.

lundi 27 janvier 2014

Nous sommes tous des gouttes d'eau.

Alors oui, il pleut; Et j'ai marché sur une crotte.
Apprécier son confort à sa juste valeur, c'est un début. Mettre un pied dans la merde c'est la suite.

Nous sommes tous des gouttes d'eau, faisons déborder la vase.

mardi 5 novembre 2013

Super-ordinaire

J'ai passé une bonne partie de ma vie à attendre que mes super-pouvoirs se manifestent.

Je savais que cela prendrait du temps, mais les années passant cela est devenu un peu agaçant...

Je ne sais toujours pas voler, et suis de moins en moins costaud, ma vue baisse, et pour qu'un crayon roule jusqu'à moi grâce à mon aptitude naturelle à la télékinésie, j'ai toujours besoin de le poser sur un plan incliné.

A plus de quarante piges, j'ai commence à me poser de super questions : je suis trop vieux pour être un enfant prodige, et les trucs, même les plus cools, que j'ais réussi à réaliser n'ont rien d'extraordinaires, à part peut-être ma prodigieuse capacité à la procrastination.

Super-déprimé, j'ai commencé à picoler.

Dans un sursaut de lucidité, je me suis dit que si l'alcool pouvait me rendre alcoolique, le Fanta pourrait me rendre fantastique.

Mais non.

En tout cas, je n'ai développé jusqu'alors aucun super-pouvoir de rangement de ma chambre, de mémoire pour m'aider dans mes études ou mon job, ou de vitesse supraluminique pour m'éviter de louper le tram le matin...

Avec un peu de bol j'aurai pu me retrouver impliqué dans un horrible accident thermo-nucléaire et le gouvernement aurait été obligé de me réparer avec des trucs bioniques, mais non, que dalle.
A l'école j'étais trop nul en sciences pour avoir une chance de me retrouver dans un labo d'expérimentation nez à nez avec une araignée radioactive.

En plus je ressemble vraiment trop à mes parents pour être un enfant adopté avec des capacités surnaturelles cachées. 

Bref, la loose totale.

Puis, un jour, j'ai grandi, j'ai mûri comme on dit.

J'ai commencé à penser que je pouvais n'être qu'une personne normale, un peu comme, ce n'est pas facile à dire, comme tout le monde quoi. 

En fait, mon destin était ne pas avoir de pouvoirs super spéciaux.

Et c'est finalement assez logique.

Premièrement la règle d'or pour les super héros est de garder leur pouvoir secret.

Et ça c'est pas évident. 

Déjà, ché pas mais, Batman bourré en fin de soirée, il fait comment pour pas raconter sa vie ? Ou alors il n'a jamais été ivre, ou plutôt il est du genre un peu dépressif, à boire tout seul chez lui.
Parce que moi, avec quelques Tequila Paf, j'aurai forcément montré un truc ou deux à la meuf au comptoir, pour l'impressionner un peu tu vois, avant de l'emmener à fond dans ma bat-mobile.

Et puis question look je sais pas si je me serai fringué comme ça moi, tout en noir moulant avec une cagoule à petites oreilles. J'ai pas trop le physique pour porter des trucs trop slims, et les petites oreilles sur la tête, je trouve pas ça très viril.

Et surtout je n'aurai jamais obligé Robin à se fringuer comme ça. Bon, au risque de paraître définitivement homophobe, il a vraiment l'air ridicule.
Le pauvre.

Si j'avais étais un millionnaire playboy, les seules caves que j'aurai fréquenté auraient étaient équipées de dance-floor, et peuplées de minettes chevelues plutôt que de chauves-souris.

Mais je m'égare.

J'ai du mal à l'avouer, mais si j'avais des super-pouvoirs il est presque certain que je les aurais utilisé pour des choses assez insignifiantes en fait. 

Aller me servir directement dans le coffre de la banque plutôt que de faire la queue au distributeur de billets, si j'étais passe-muraille par exemple, ou bien lire dans l'esprit des filles avec qui je suis sorti, et les autres, afin de connaître la meilleur façon de les impressionner. 
Mais il est probable que ces pétasses ne m'accordassent finalement que peu de place dans la mélasse qui leur sert de cerveau, beaucoup plus intéressées par les déboires amoureux de Clooney et de Pitt.

je me serai alors retrouvé, seul perché au sommet du clocher de l'église, le regard perdu dans le vague, surplombant la ville endormie, alors que les pompiers tentent de m'atteindre avec leur grande échelle pour m'aider à redescendre.

Si j'étais extensible, comme Mr. Fantastic, j'aurais utilisé ces pouvoirs pour améliorer mes prouesses sexuelles. Tu pensais que Rocco était un Dieu ? Tu n'as encore rien vu ma belle. 

J'aurais utilisé ma capacité à voler pour éviter d'avoir à payer des billets d'avion pour Saint-Barth, plus que pour récupérer le sac à main arraché à la tire d'une petite vieille. 
En particulier en haute saison.

J'aurais utilisé ma force surhumaine à remporter une médaille olympique, que j'aurai porté en pin's sur un costume noir.

J'aurais utilisé ma super vitesse pour choper le nouvel i-phone VIII en premier.

J'aurais utilisé l'invisibilité d'entendre ce que les gens disaient sur moi après mon départ, et je les aurais punis en conséquence.

Si j'avais renvoyé en cuisine un steak trop saignant j'aurais vérifié que le cuisinier ne crache pas dessus avant de me le renvoyer. 

Si je pouvais respirer sous l'eau comme Aquaman, j'aurai utilisé cette capacité pour effrayer les filles lors de pool-party, ou à simuler une noyade pour me faire sauver et ranimer par une jolie secouriste de Malibu..

Et si quelque chose ne se passe pas comme prévu, j'aurais fait remonter le temps à la planète toute entière en volant très vite autour d'elle dans le sens inverse de sa rotation naturelle, et donc pu réessayer à nouveau, autant de fois qu'il le faut, avant de réussir à passer ce putain de niveau 12 du dernier Lara Croft.

Mais je ne suis pas un mauvais gars. 
Je sais que tout ces trucs sont égoïstes et limite inciviques.

J'aurai essayé de ne pas les faire, mais je me connais, j'aurais été totalement impuissant face à mes super-pouvoirs. 

C'est pourquoi l'univers ne m'a pas m'accordé ces  super-puissances.

C'est la seule raison super valable que je trouve.

mardi 20 août 2013

La comédie inhumaine.

J'ai rencontré Florence au théâtre. 

Non pas lors d’une représentation, mais au sein d'une troupe d’acteurs. De théâtre donc.

Il y a quelque temps, un copain metteur en scène s'est retrouvé dans la panade une semaine avant la première de sa pièce, le titulaire d'un rôle s'étant cassé la jambe. 

Après avoir tenté en vain de débaucher, ou d'embaucher, d'autres acteurs, il m'a demandé de remplacer le boiteux au pied levé.

J'ai accepté un peu sans réfléchir.
Je n'avais jamais fait de théâtre auparavant; mais le challenge me plaisait bien, et il fut suffisamment convainquant en m'assurant que je n'avais qu'un petit rôle, et que ma partenaire était charmante.

Je vous passe les détails techniques de la mise en scène, bien que ce soit finalement assez intéressant pour un néophyte comme moi de découvrir les petits trucs et astuces qui échappent àau spectateur.

Pour résumer, mon rôle était plutôt secondaire, voir tertiaire : j'étais le frère de la fameuse Florence, et nous devions entrer en scène au troisième et dernier acte, nouveaux venus dans un camps de concentration déjà bien agité.
Nous amenions avec nous, caché dans nos affaires, un petit miroir, denrée rare qui attisa la convoitise de certains cadors et autres kapos, et grâce à cela nous eûmes très vite une grande influence sur les autres détenus avant de terminer chefs suite à une élection. Je pourrai ajouter que cela se passait en Gascogne, et que certaines répliques étaient donc en occitan.
Oui, on est loin de la Chèvre de Monsieur Seguin, le résumé peut sembler un peu bizarre, et ne rend pas hommage à un scénario plein d'allant biquet.

Dès que j'ai vu Florence – la plus jolie fille de la troupe – son sourire de bienvenue m’a ébloui. A moins que ce soit les spots, mais en bon toutou célibataire, j'ai senti ma queue frétiller pour ce petit bout de femme de 25 ans, et très vite le courant passait plutôt bien entre elle et moi.

Je sentais que je lui plaisais mais, compte tenu de l'échéance et des délais assez courts de nos obligations théâtreuses, les répétitions étaient très studieuses, sous l'œil critique et attentif de mon metteur en scène de pote. 

Le soir de la première, nous étions bien évidemment stressés tous les deux en attendant dans la loge notre entrée en scène. 
Répétant un peu, discutant beaucoup, de fil en aiguille, plutôt que de tricoter, nous avons commencé à fricoter. Et l’on s'est embrassé.

Comme au cinéma.

Florence a immédiatement relevé le caractère incestueux de ce baiser. Cela semblait beaucoup l'amuser qu'un frère et sa soeur se bécotent en loge. Nous avons même failli rater notre entrée en scène. 
Finalement, sur un petit nuage tous les deux, la représentation s'est super bien passée. Tout du moins pour nous. Dans mon enthousiasme, je qualifierai les applaudissements épars dont nous avons été gratifiés comme un grand triomphe.

Margot, mon ex-épouse, était venue avec les enfants pour assister à mes débuts d'acteur.
Lorsque je dis à tout le monde que nous avons gardé d'excellentes relations malgré notre séparation, ce n'est pas du pipeau. Pour preuve, lors du petit pot qui suivit, elle m'a même félicité pour ma prestation. Les enfants aussi d'ailleurs. 

Comme quoi ils ont bien été élevés.

Je suis resté un moment avec eux, je leur devait bien ça, mais en fait je surveillais Florence du coin de l’œil, repensant sans cesse à notre échauffement en loge.

C'est peut-être un détail de l'histoire pour vous, mais au détour d'un petit four, je l'ai présentée à Margot. 

Florence, un peu provocatrice, n’a pu s'empêcher de lancer une petite vanne sur la chance qu'elle avait d'avoir un frère comme moi dans la pièce, plaisanterie que Margot a moyennement appréciée de la part de cette jolie fille, plus jeune d’au moins 15 ans (et ça, ça ne pardonne pas) et qui semblait de surcroît partager avec moi une connivence un peu trop marquée à son goût.

Je repartis sagement chez moi après avoir raccompagné Margot et les enfants.

Le lendemain, rebelote dans les loges. Toujours sans les cartes.
Notre flirt, commencé plus tôt, a été bien plus poussé. Baisers, soupirs, caresses frénétiques, elle m’a presque supplié de la prendre. Galamment, j’ai pris sur moi.
J'ai vite réalisé que ma carrière d'acteur, que ce soit dans le théâtre ou dans le porno, avait peu de chance d'avoir un grand succès, mais cela nous a fait du bien. 

Le soir, après le pot, je suis allé chez elle et nous avons remis ça, plusieurs fois durant la nuit. Cette fille était insatiable ; mais notre différence d'âge m'a rattrapé et j'ai fini par demander grâce.

C’est alors qu’elle a commencé à me raconter sa vie : fille unique, célibataire depuis un an, en manque de mecs, se décrivant elle-même comme légèrement nympho et qu'elle aimait la façon dont je lui caressais les fesses, et son chat Aslan, un tellement gros matou qu'il me fixait avec un air bovin...
Le moulin à paroles avait démarré.
Je me suis endormi alors que sa mère avait refusé de lui acheter une robe pour son onzième anniversaire, je crois, ou alors pendant que sa collègue de bureau parlait de ses varices. 
Je ne sais plus.

On s'est revu ; je passe sur sa conversation, omniprésente, obnubilante, mais étonnamment inintéressante.

Heureusement, à chaque fois elle était superbe, toujours bien habillée, très féminine, avec de jolis dessous, et chaude comme la braise. 

Elle aimait le fait que je sois « un homme accompli », comme elle disait si sérieusement. Pourtant, s’il y a bien un truc que me reprochait mon ex-épouse, c'est mon immaturité.

Ce qui est ridicule puisque j'ai 47 ans.

Et demi.

Bref, si j’étais hermétique à son babillage incessant, je résistais peu à son badinage pressant...
Je ne saurais dire si c’étaient les 20 ans d'écart qui m'empêchaient d’apprécier ses états d’âme; en revanche, concernant l’aspect charnel de notre relation, sa jeunesse était plus que rafraîchissante.

Un jour, alors qu’elle était coiffée d’un chignon compliqué, j'ai soudain réalisé qu'elle avait un faux air de Sharon Stone... Je n’avais jamais fait le rapprochement, mais effectivement, ce nez droit, ces yeux verts et  sa blondeur étaient une version, extrêmement loquace, de l'actrice.
Cette idée sur le coup ne m’a fait ni chaud ni froid. J'suis assez basique d'instinct comme gars.

Ce jour-là, Florence a remis sur le sujet cette histoire de frère et sœur incestueux. Elle m'avoua qu'en tant que fille unique, ce genre de fantasme la rendait « toute chose » et elle voulut savoir si, moi aussi, cela m’excitait.

J'aime beaucoup ma grande sœur, mais fraternellement.
De plus, je dois bien avouer qu’elle n'est pas vraiment canon. Peut-être que si Angelina Jolie avait été ma sœur, j’aurais aimé qu’elle m’asticote plus jeune ; j’aurais même certainement apprécié qu’elle me mette des fessées de temps en temps...

Mais non. 

Je ne sais pas pourquoi, mais pour une fois que son baratin sortait des sentiers débattus, il  éveilla un peu mon intérêt, et je lui ai répondu que oui, pourquoi pas... Embrayant derechef sur mon consentement, elle a alors voulu que je l'appelle du prénom de ma sœur pendant que l'on ferait l'amour. 
Je lui ai alors dit qu'elle se nommait Sharon (alors qu'elle s'appelle Astrid), prénom qui m’est venu logiquement à l’esprit compte tenu de la constatation que j’avais faite un peu plus tôt.

Et nous voilà à nous chauffer, Florence-Sharon faisant les mijaurées à grand coup de « C'est pas bien, les parents ne vont pas être contents… » mais oubliant tout de même de retirer ma main baladeuse alors qu'elle me rejouait la scène du décroisage de cuisses.
Finalement, mon initiation théâtrale s’avérait utile ; et par conscience professionnelle, je poussais le trait jusqu’à vivre mon rôle pleinement. 
Ce n’était plus Florence, mais Sharon qui se débattait faiblement entre mes bras. Peu à peu, cette simulation    nous a transportés tous les deux. Ce fut fantastique de passion, un grand moment de cinéma d'action.

On a remis ça plusieurs fois, souvent à son initiative. À chaque fois, elle faisait semblant de ne pas vouloir, je lui attachais parfois les mains au lit ou dans le dos, et j’avais également trouvé un autre avantage à la situation : je pouvais également la bâillonner et couper ainsi son babil incessant.

Le problème c'est que l'on ne faisait pas l'amour tout le temps, et, au fil du temps, son papotage eut raison de ma patience et de ma passion.

Paradoxalement, lorsqu'un matin je lui ai dit que je ne supportais plus son bavardage, elle resta coite. 

Pour la seconde saison théâtrale, j’ai bien entendu refusé de reprendre mon rôle de frère, me voyant mal gérer un esclandre familial en pleine représentation...

Ma carrière théâtrale s’acheva donc ainsi, par une indigestion de verbiage, et mon histoire d’amour par un silence glacé.

jeudi 25 juillet 2013

Le printemps indien.

Ils auraient pu nous envoyer Maître Yoda...Ha, ils l'ont fait ?

Mais ça chauffe un peu, non ? 
Bah si un p’tit peu quand même…

Y’a un mois on se disait que l’on était déjà en automne, sans passer par la case printemps, ou bien même déjà en hiver ayant squeezé l’été aussi.

Alors aujourd’hui qu’il fait chaud comme un mois de juillet, on dit quoi ? 

C’est un printemps caniculaire.

On nous dit « y’a plus d’saison ma bonne dame ! », il neige en juillet, giboule en avril, les bébés phoques fondent sur la banquise, tout un tas de trucs qui nous courent sur le haricot, alors que tout simplement le climat se dérègle.
Alors moi je dis : Collons au mercure ! Haro sur le haricot ! 

Au printemps, on fait l’ménage, c’est comme ça. Allez ouste, épouste, fait sa misère à la poussière !

Bref, en rangeant le placarnaüm de ma chambre, j’ai exhumé une boite pleine de pin's. Oui, les trucs qui piquent et qui font des trous dans les vêtements, pas les gâteaux. 
Et valait mieux car cette boite datait d'au moins 25 ans.

A l'époque, j'avais dû les ranger en pensant qu'un jour prochain cela vaudrait une fortune, écoutant en cela les conseils avinés de mon pote Hugues qui avait comme moi tout misé sur cette mode. Heureusement notre capacité d’investissement était inversement proportionnelle à la hauteur de l'opinion que nous avions de nous. 
Donc nous n’avons pas perdu grand chose.

D’autant plus que je viens de retrouver la boite pleine.

Bref, aujourd'hui cela vaut toujours peanuts. 

J’ai trouvé un autre truc qui ne vaut pas son pesant d’or : un exemplaire de ce fabuleux journal qu'est "Infos du monde".

Il est fort probable, à 97,4%, que vous n’ayez jamais entendu parler de ce canard.

Il se vendait en 98, et relatait tout un tas d’infos capitales qui se trouvait dans le monde. 

Pas dans le quotidien, dans le monde en vrai.

Enfin…En vrai…

Par exemple, à la rubrique Afrique, un article de fond est consacré à un village du Togo où tout le monde s'appelle Pascal Obispo. 
C’est un peu inquiétant tout de même.

A la rubrique fait divers, pêle-mêle, on apprend que pour observer son bébé, elle a fait poser un judas sur son ventre, ou bien encore on se délecte à la lecture des ennuis judiciaires d’une célèbre voyante qui lisait l’avenir du client suivant...

Ah, justement il y avait une page réservée à un voyant qui annonçait régulièrement des prévisions à long terme. 
On va pouvoir vérifier ça maintenant.
Alors:
« Jospin ne sera jamais Président, il ne sera pas non plus battu pour la simple raison qu'il ne sera pas candidat ».  
Bon, d'une certaine manière, il n'avait pas tord. Il n’est jamais revenu en deuxième semaine.

« Lagaff renversé par une Mercedes ». 
Tiens, il animait déjà le Bigdil en 98 ?  Concernant cet accident, j'avoue, je n’en ai jamais entendu parler. Ceci dit de Lagaff pas trop non plus depuis… 
Il a plus ou moins disparu non ? 
Il serait peut-être judicieux de regarder sous les Mercedes…

« Le front National va exploser à la mort de M. Le Pen, et je vois la disparition de ce parti; des millions de citoyens vont défiler dans les rues de France et seront pour beaucoup dans le processus de décomposition du FN »
Bon, là non plus il n’avait pas tout à fait tord le bougre, même si la manif anti-FN des présidentielles avait une autre cause. Mais bon. 
Et puis il n’est pas tout à fait mort le père Le Pen.

En revanche il ne parle de Bayrou. 
Ce doit être un détail de l’histoire trop insignifiant.

« Bruxelles sera la première capitale de l'Union à autoriser le clonage humain en secret ».
Là, on pourrait penser qu’il s’est mit le doigt dans l’œil : cloner des belges ? 
Wallons, restons sérieux ! 
Cependant, l’Union Européenne s’est récemment distinguée en révélant officiellement qu’elle avait déjà réussit à transformé des chevaux en bœufs…

Alors…

Et ce truc sur les politiques extra-terrestres ? 
Ne serions-nous pas seuls ?

mercredi 6 février 2013

Fatwa du bien

Comic strip
La bonne blague de la semaine nous est offerte par l'impayable Cheikh Abdullah Daoud d'Arabie Saoudite qui a publié il y a peu une fatwa pour que le port de la burqa soit obligatoire pour les bébés de sexe féminin.

Ce brave homme, au fait de l'avant-garde vestimentaire, a eu cette brillante idée afin tout simplement de protéger ces nouvelles nées.

Certes la météo locale ressemble beaucoup à celle de notre riante Bretagne où après la pluie vient la pluie, sauf que là-bas lorsqu'il ne fait pas pas soleil c'est qu'il fait nuit. 
Mais il ne s'agit pas les protéger des coups de soleil.

Il n'entre pas non plus dans des considérations stylistiques, prévenant ainsi les inévitables prises de becs vestimentaires entre mère et fille.

Non la cause en est beaucoup plus hygiénique : voiler le nouveau-né éviterait ainsi tout abus sexuels du petit nenfant sans défense.

Fallait y penser.

A l'heure où dans les pays occidentaux le moindre prêtre ayant tripoté un tantinet une de ses brebis se voit porter au bûcher, on avait peu d'exemple rapporté d'abus pédophile dans les milieux islamistes. 

A croire qu'ils ne nous disaient pas tout les coquins...

Grâce à Monsieur Daoud, on en saura encore moins, puisque les poupons seront ainsi mieux protégés, ce qui laisse à penser qu'ils ne l'étaient pas jusqu'à présent. 

Mieux, ils pourront s'étouffer tranquillement, cachés sous leur voile protecteur, loin des yeux, loin du coeur.

Cette excellente idée possède néanmoins une faille :  si les bébés filles peuvent aguicher, et titiller les pulsions naturellement libidineuses des hommes, aussi saints soient-ils, les cacher ainsi va-t-il faire oublier aux vertueux que sous la petite burqa se trouve une nourissonne dodue et vagissante ?

Un esprit un minimum observateur fera inévitablement le rapprochement entre la créature tentatrice et la tenture protectrice.

Le mieux serait de mettre un voile sur cette burqa.

dimanche 4 novembre 2012

Six feet under

"Il n'y a que deux sortes d'insectes
utiles à l'homme : l'abeille et la vache."
Le petit monde des bestioles est en émoi.

Suite à un article paru sur le blog éminemment scientifique de la Vache Folle, le cloporte ne fait plus parti de la grande famille des insectes, mais rejoint celle des beaux bigorneaux et autres graciles crevettes, communément appelée chez tous les bons poissonniers : famille des crustacés. 

Oui, votre cloporte de voisin a tout à fait le droit d'avoir cette jugeote de bulot qui vous exaspère tant !

Voilà qui devrait calmer quelques querelles de voisinage.

Bon, pour rétablir une vérité scientifique, le cloporte n'a jamais fait partie de la famille des insectes, si ce n'est dans ma tête.
Et c'est bien dommage pour les insectes qui perdent là un compagnon de longue date.